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Nouvelle-Calédonie : les indépendantistes veulent rester en tête à tête avec l’Etat

La réunion prévue fin août à Paris entre l’Etat, les indépendantistes et les loyalistes de Nouvelle-Calédonie, la première depuis 2019 pour espérer un accord sur l’avenir du territoire, se tiendra-t-elle ? Rien ne permet, pour l’heure, de le dire. Mardi 1er août, le camp indépendantiste a qualifié de « non-événement » la venue d’Emmanuel Macron les 25 et 26 juillet. Le chef de l’Etat, qui souhaitait secouer l’immobilisme de toutes les forces politiques en présence sur le Caillou, a défendu avec fermeté une « Nouvelle-Calédonie française », tout en employant des mots durs pour le camp indépendantiste, soupçonné, entre autres, de pouvoir un jour livrer leur « pays » à la Chine.

Après un comité directeur réuni à Dumbéa le samedi 29 juillet, l’Union calédonienne (UC), principale composante du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), a rangé la visite présidentielle dans les « informations diverses » à la fin de son communiqué. Les « contentieux coloniaux » et la question de la « pleine émancipation » n’étant pas clarifiés selon lui, « on ne peut pas aller discuter à plusieurs » à Paris, a déclaré Gilbert Tyuienon, premier vice-président de l’UC.

Dans les semaines qui viennent, les discussions se poursuivront au sein du FLNKS, dont les quatre partis, divisés, sont mobilisés par de sourdes luttes internes en vue des élections provinciales calédoniennes de 2024.

Maintenir « la voie du dialogue »

Emmanuel Macron « s’est attelé durant tout son séjour à cliver les positions », dénonce l’UC dans son communiqué. Pour le parti, le discours de Nouméa sur « le chemin de pardon et d’avenir » proposé par le président de la République aux Calédoniens fut « teinté de colonialisme et d’agressivité ». En dépit de ce qu’il appelle un « faisceau de signaux peu encourageants venant de l’Etat », le mouvement appelle cependant à la poursuite des réunions bilatérales « pour rapprocher davantage les positions ». « Malgré la violence de certains propos, l’Union calédonienne a décidé de se maintenir sur la voie du dialogue », énonce son communiqué mardi.

L’UC ne reconnaît toujours pas le dernier référendum sur l’indépendance, boycotté par les indépendantistes fin 2021 mais considéré par les loyalistes et par l’Etat comme la fin du processus institutionnel prévu par l’accord de Nouméa en 1998, ouvrant ainsi cette ultime discussion collective sur un statut définitif du territoire. Le chef de l’Etat « n’a pas dit un mot sur les 57 % de la population calédonienne qui ne sont pas allés voter le 12 décembre 2021 », a reproché mardi Gilbert Tyuienon, sur la chaîne Nouvelle-Calédonie la 1ère.

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