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« L’évocation du surtourisme alimente l’historique procès du tourisme des classes populaires »

Le plan gouvernemental de régulation des flux touristiques, mi-juin, relève à juste titre les enjeux et les effets de fréquentations subies et non régulées à l’origine de dysfonctionnements, dans le temps et dans l’espace. Il ne parle pratiquement pas de « surtourisme », mais c’est en mettant en avant le surtourisme que les médias en ont généralement rendu compte, car le mot plaît et le thème est de saison.

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Depuis quelques années, l’expression resurgit : en 2023, avec des reportages en Italie sur les sentiers des Cinque Terre, où sandales et tongs sont prohibées, à Portofino, où le maire a eu l’idée ubuesque d’instaurer deux « zones rouges » où le piéton aura interdiction de s’arrêter, ou bien encore dans la vieille ville de Dubrovnik, en Croatie, où les valises à roulettes sont interdites. Soit un échantillon de lieux dont la (trop ?) forte fréquentation résulte de la conjonction d’une mise en désir mondialisée et de la démocratisation du tourisme sur une planète peuplée de huit milliards de personnes.

Une planète où l’information circule vite, partout ; un monde où il suffit qu’une série sud-coréenne de Netflix montre une scène romantique sur un ponton du lac de Brienz, en Suisse, pour que le tranquille village d’Iseltwald soit envahi par des milliers de touristes asiatiques, obligeant les autorités locales à installer un tourniquet d’accès moyennant 5 francs suisses [soit 5,20 euros]. Il ne s’agit pas, ici, de nier les effets négatifs du surtourisme lorsqu’il est caractérisé, mais le mot est souvent employé à tort et à travers, car c’est un domaine où la confusion règne et est habilement entretenue.

Politique de quotas

Il convient d’abord de distinguer les métropoles, où l’essentiel de la population ne vit pas du tourisme et supporte mal les intrusions touristiques dans l’espace de son quotidien, par le développement des locations temporaires ; de même, les courts séjours alcoolisés, les enterrements de vie de garçon ou de fille, à Amsterdam, à Prague ou à Budapest, rendent certains quartiers invivables : c’est alors l’acceptabilité du tourisme qui est en jeu, mais il y a des solutions à ces problèmes quand on veut bien les prendre à bras-le-corps.

Dans des lieux fermés et fragiles, où une fréquentation excessive peut dégrader ce qui motive la venue des visiteurs (la calanque de Sugiton, près de Marseille, ou La Cène, peinte par Léonard de Vinci, dans un couvent milanais), on sait gérer ce type de situation, par une politique de quotas permettant de conjuguer conservation et conditions satisfaisantes de visite.

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