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Au Niger, malgré la fermeture de l’espace aérien, Air Algérie et Air Burkina poursuivent leur desserte du pays

Devant l’aéroport de Niamey, au NIger, le 2 août 2023.

Officiellement, l’espace aérien du Niger est fermé depuis le 6 août, et il le sera au moins jusqu’au dimanche 20 août. A cette date, la junte, qui a pris le pouvoir le 26 juillet, devrait annoncer si elle maintient ou non cette interdiction de survol. Une décision qu’elle avait prise pour se prémunir d’une potentielle intervention militaire menée depuis les pays voisins alors que se tient depuis jeudi une réunion des chefs d’état-major de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Accra, la capitale du Ghana, sur la question.

Dans les faits, pourtant, ces derniers jours, certaines compagnies aériennes se sont vu attribuer des dérogations de la part des putschistes leur permettant de continuer à desservir la capitale du pays. Comme le signale la circulaire émise par l’aviation civile du Niger, « l’aéroport de Niamey est fermé à tous les vols, sauf cas exceptionnels autorisés au préalable par les autorités compétentes ».

Du cas par cas est donc possible. Air Algérie a d’ailleurs continué d’opérer des vols cette semaine, lundi et vendredi soir, tandis qu’Air Burkina a desservi Niamey mercredi après-midi. Ces vols s’effectuent néanmoins au compte-goutte. « Les avions repartent pleins comme des œufs », raconte un expatrié qui vit dans la capitale et préfère rester anonyme. De surcroît, les places sont chères et font « l’objet d’une autorisation spéciale auprès des autorités ».

Ces deux compagnies sont les seules pour l’heure à avoir obtenu ces autorisations. Un traitement de faveur qui se justifierait par la volonté de la junte de ne pas s’isoler complètement alors que le régime burkinabé a affiché son soutien aux putschistes et que ces derniers ne veulent en aucun cas se mettre Alger à dos.

« L’Algérie peut s’imposer en cas de négociations comme elle le fit lors des rébellions touareg à l’encontre du gouvernement nigérien », insiste un officiel de Niamey, proche du gouvernement de Mohamed Bazoum, actuellement séquestré. Au-delà de sa volonté de se réengager au Sahel, à l’heure où l’influence française décline, cet imposant voisin compte de nombreux défis et intérêts communs avec le Niger, tant sur le plan sécuritaire qu’économique et migratoire.

« Vols d’évacuation »

A moins d’une déclaration de guerre de la Cedeao, nombre d’observateurs jugent plausible la réouverture de l’espace aérien en début de semaine prochaine. Dans ce cas, « Turkish Airlines et Royal Air Maroc pourraient revenir dès le 21 août si les conditions de sécurité sont réunies », souligne une source diplomatique, précisant qu’il y a aussi « des vols d’évacuation vers le Gabon » ce vendredi. Cette reprise du trafic permettrait aux autres compagnies de réajuster leurs routes et d’éviter le contournement du pays qui rallonge les temps de vol (quarante minutes en plus pour Johannesbourg) afin de desservir certaines villes africaines.

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