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Afrique, Haut-Karabakh, Iran… Les dossiers évoqués par Emmanuel Macron devant les ambassadeurs

Emmanuel Macron a exposé lundi aux ambassadeurs français, réunis à Paris, ses priorités pour la politique étrangère de la France dans un contexte international difficile avec une guerre en Ukraine qui s’enlise et une diplomatie française très critiquée dans certains pays d’Afrique. 

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À l’occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs et ambassadrices, lundi 28 août à Paris, Emmanuel Macron a tenté de fixer le cap de la diplomatie française dans un contexte international de crises aiguës, au premier rang desquelles la guerre en Ukraine et le recul des démocraties.

• Un « risque d’affaiblissement » de l’Europe et de l’Occident

Le président français a d’abord mis en garde contre un « risque d’affaiblissement » de l’Europe et de l’Occident dans le contexte international actuel.

Ce contexte « s’est plutôt durci », « se complique » et « fait courir le risque d’un affaiblissement de l’Occident et plus particulièrement de notre Europe », a-t-il déclaré devant les ambassadeurs de France, citant notamment « l’émergence de (nouvelles) grandes puissances internationales ».

Face à cela, l’Union européenne doit « accepter plus d’intégration », voire « plusieurs vitesses », pour « évoluer sur les sujets essentiels », a poursuivi le chef de l’État.

« Je peux témoigner assez aisément qu’une Europe à 27, c’est assez compliqué à faire évoluer sur les sujets essentiels », a-t-il déclaré, jugeant que « ce ne sera pas plus simple à 32 ou 35 (…) donc il nous faut une certaine audace pour accepter plus d’intégration sur certaines politiques, peut-être d’ailleurs plusieurs vitesses de cette Europe ».

• Se refuser à « toute faiblesse en Afrique »

Emmanuel Macron a aussi réfuté tout « paternalisme » mais aussi toute « faiblesse » de la France en Afrique alors que le Sahel fait face à une « épidémie de putschs », dernièrement au Niger.

« Ni paternalisme, ni la faiblesse parce que sinon on n’est plus nulle part », a-t-il insisté, appelant aussi les pays du Sahel à avoir une « politique responsable » en la matière. « La faiblesse que d’aucuns ont montrée à l’égard des putschs précédents a nourri des vocations régionales. Il y a une épidémie de putschs dans tout le Sahel », a-t-il déploré.

Évoquant le Niger, le chef de l’État a salué l’action des diplomates français qui travaillent dans des conditions difficiles, citant en particulier la situation de l’ambassadeur à Niamey qui est toujours en poste, bien que les militaires ayant pris le pouvoir aient demandé son départ.

• Accroître la pression sur l’Azerbaïdjan

Le président français a par ailleurs promis lundi une « initiative diplomatique » pour tenter de lever le blocage persistant par l’Azerbaïdjan du corridor de Latchine, seul axe routier reliant l’Arménie à l’enclave du Haut-Karabakh.

« J’aurai l’occasion d’échanger cette semaine avec le Premier ministre (arménien) Pachinian et avec le président (azerbaïdjanais) Ilham Aliev« , a souligné le chef de l’État. « Nous demanderons le plein respect du corridor humanitaire de Latchine et nous prendrons à nouveau une initiative diplomatique en ce sens sur le plan international pour accroître la pression. »

• Appel à la libération des quatre Français détenus en Iran « dans des conditions inadmissibles »

Le chef de l’État a poursuivi son discours en appelant à la libération des quatre Français détenus « dans des conditions inadmissibles » en Iran. « Rien ne justifie la détention » des « ressortissants français dans les prisons et dans des conditions inadmissibles en Iran », a-t-il dénoncé.

Les quatre Français détenus par Téhéran sont Louis Arnaud, depuis septembre 2022, une enseignante française, Cécile Kohler, et son compagnon Jacques Paris, arrêtés en mai 2022 pour « espionnage », et un autre dont l’identité n’a pas été dévoilée.

• Une conférence sur la sécurité au Moyen-Orient en novembre

La prochaine conférence de Bagdad sur la sécurité au Moyen-Orient aura lieu « fin novembre », a annoncé le président français, appelant les États de la région à exiger de la Syrie une « coopération accrue » dans la lutte contre le terrorisme s’ils veulent la réintégrer dans des instances régionales.

Cette réinsertion de Damas doit « supposer une coopération accrue dans la lutte contre les groupes terroristes » et la possbilité pour les réfugiés syriens de revenir dans leur pays avec un certain nombre de « garanties », a-t-il souligné.

Avec AFP

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