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Ariane-6 : des tests de mise à feu cruciaux pour l’avenir du lanceur

Essai de mise à feu de l’étage principal d’une durée de 4 secondes de la fusée Ariane-6, au Centre spatial guyanais, à Kourou (Guyane), le 5 septembre 2023.

Moteur ! Neuf ans après le lancement du projet, mais avec près de quatre ans de retard sur le programme initial, la fusée Ariane-6 est entrée dans l’une des phases-clés de son développement, à savoir les tests de mise à feu. A partir de leurs résultats, l’Agence spatiale européenne (ESA) annoncera en octobre la date du premier lancement, prévu normalement en 2024. « Avant fin juin, si tout se passe bien », précise le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher. « Nous sommes sur une bonne séquence », constate Philippe Baptiste, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), au vu des trois premiers essais réussis, successivement les 18 juillet, 1er et 5 septembre. Le quatrième et dernier test, prévu le 3 octobre, sera le plus important.

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Ces campagnes sont menées sur deux sites. Tout d’abord à Kourou, au Centre spatial guyanais, où une Ariane-6 a été installée sur le pas de tir géré par le CNES afin de tester Vulcain 2.1, le moteur de l’étage principal de la fusée qui lui permettra de se propulser vers l’espace.

Parallèlement, les performances du Vinci, le moteur de l’étage supérieur chargé de mettre les satellites sur leurs orbites, sont analysées à Lampoldshausen, en Allemagne, sur le banc d’essais de l’agence spatiale allemande DLR, mis à la disposition d’ArianeGroup, le constructeur du lanceur. Sa particularité est d’être réallumable, donc de pouvoir aller sur différentes trajectoires et, ainsi, de multiplier les options de destinations proposées par Ariane-6.

Un dernier essai prévu en octobre

Le premier essai, mi-juillet à Kourou, du Vulcain 2.1 a permis de vérifier le compte à rebours allant du remplissage en ergols cryotechniques (oxygène et hydrogène liquides) du moteur jusqu’à son allumage, sans cependant le déclencher. Cette chronologie dure quelques minutes seulement. « On entre alors dans une séquence entièrement automatique, explique Philippe Baptiste. Imaginez un gigantesque robot complexe avec une partie au sol et une autre dans le lanceur, communiquant entre elles sans intervention humaine. » Le test a été concluant. « Nous l’avons réussi en une seule fois, alors que pour Ariane-5, il avait fallu deux mois pour y parvenir », poursuit le président du CNES.

Au Centre spatial guyanais, à Kourou (Guyane), le 5 septembre 2023.

En juillet, la mise à feu n’a pas été déclenchée, comme envisagé initialement, mais elle a eu lieu le 5 septembre avec succès pendant quatre secondes au terme du compte à rebours. Une étape importante qui ouvre la voie au dernier essai, prévu début octobre. L’allumage sera alors d’une plus longue durée, quatre cent soixante-huit secondes, soit près de huit minutes, correspondant au temps de fonctionnement en vol de ce moteur cryotechnique.

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