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Le British Museum lance une chasse aux trésors volés

Chaîne en or avec fermoirs à têtes de lions venue de Chypre, issue des collections du British Museum.

Un bracelet romain en or massif. Une chaîne ornée de fermoirs à têtes de lions venue de Chypre. Des camées bleus, verts et carmin finement ciselés. Le 26 septembre, le British Musem publiait les photos de précieux objets ressemblant à ceux qui lui ont été dérobés, sur une page de son site dédiée à l’enquête la plus importante, mais aussi la plus embarrassante de son histoire. Pour le public, l’affaire commence le 16 août 2023, quand l’institution révèle qu’environ deux mille pièces – principalement des bijoux en or, des pierres semi-précieuses et de la verrerie datant d’une période allant de 1500 av. J.-C. au XIXe siècle – ont disparu de ses réserves.

Pas au cours d’un casse spectaculaire, organisé par des monte-en-l’air chevronnés, mais, selon toute vraisemblance, petit à petit, sur plusieurs années voire décennies, cachées dans les poches d’un employé du musée. Le principal suspect, un certain Peter Higgs, n’est autre que l’ancien responsable du département des antiquités grecques et a travaillé au British Museum pendant plus de trente ans, avant d’être licencié, en janvier 2023, quand son employeur s’est mis à soupçonner des vols et des dégradations.

L’enquête étant en cours, le musée avait jusqu’ici refusé d’en dire plus, même quand The Telegraph avait révélé, mi-août, que certains bijoux estimés à plus de 57 000 euros avaient été mis en vente sur eBay pour des sommes dérisoires – ­parfois, moins d’une cinquantaine d’euros. Un fait confirmé par le consultant en art Ivan Macquisten, en contact étroit avec des collectionneurs qui ont alerté le British Museum dès 2016, sans être, selon lui, suffisamment pris au sérieux.

L’impossible recensement

C’est justement les potentiels acheteurs que le British Museum invite aujourd’hui à témoigner, sur une adresse mail consacrée au retour des antiquités perdues. Sur son site, on peut lire : « Si vous craignez d’être ou d’avoir été en possession d’objets appartenant au British Museum, ou si vous avez d’autres informations susceptibles de nous aider, ­veuillez nous contacter. »

En plus de cet appel au public, l’institution explique dans un communiqué de presse travailler avec plusieurs experts de haut vol, ainsi qu’avec Art Loss Register, la plus grande base de données informatique du monde de l’art, sur laquelle la provenance de quelque « 400 000 objets est vérifiée chaque année ». « Si les pièces volées y apparaissent, elles seront identifiées », assure le musée. Problème : « Ces objets, pour la plupart, n’avaient pas été photographiés, ni même catalogués », croit savoir Ivan Macquisten. Lequel concède que la tâche est impossible : le British Museum possède huit millions de statues, peintures et autres reliques, dont des œuvres majeures qui relèguent au rang de babioles les bijoux grecs les plus chantournés.

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