Close

Paris 2024 : en Bretagne, les mascottes des JO ravivent un savoir-faire perdu

Une employée de l’usine de Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) élabore une « Phryge », la mascotte des Jeux olympiques de Paris 2024, le 29 novembre 2022.

Imperturbable aux bruits de la souffleuse, au bourdonnement de la machine de rembourrage et aux coups de brosse, Mélanie Desmots s’applique à raccorder, avec sa machine à coudre, les différents tissus de la « Phryge », la peluche emblème des Jeux olympiques (JO) et paralympiques de Paris 2024. La couturière de 40 ans a rejoint il y a moins de deux ans la manufacture de Doudou et Compagnie implantée en Bretagne. L’entreprise française a été sélectionnée pour élaborer les mascottes des prochains Jeux, sous licence officielle. Si 75 % de sa production des Phryges est réalisée dans son usine chinoise, les 25 % restants le sont dans l’usine de Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) inaugurée en 2022.

« Les JO, c’est emblématique. Il y a une fierté de participer et d’y mettre notre petite touche. On a l’impression de faire partie du gros engrenage », se réjouit Mélanie Desmots, rencontrée le 8 novembre. Découpage du tissu, broderie, couture, rembourrage, fermeture, contrôle, mise en conditionnement ; au total seize paires de mains sont nécessaires à la confection d’une seule mascotte « made in Guerche ».

En novembre 2022, la fabrication des peluches olympiques en Chine avait suscité la controverse. Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, avait justifié la situation comme « un problème structurel », et que la France n’était pas en mesure « d’avoir suffisamment de matières premières et d’usines textiles pour fabriquer deux millions de peluches en quelques mois ».

Une partie de la production relocalisée en France

« On va essayer d’avoir plus d’ambition sur la relocalisation de la production en France. On va essayer de remonter cette proportion » de mascottes fabriquées en France, avait alors promis la ministre des sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra. Notamment dans l’usine bretonne de Doudou et Compagnie, au sud-est de Rennes.

Dans les années 1990, l’entreprise a suivi la vague de délocalisation des manufactures vers les pays asiatiques. « Avec nos prix et la rentabilité, on ne pouvait pas lutter contre ce mouvement », justifie Alain Joly, à la tête du groupe de jouets depuis 1975. Les peluches comptent parmi les produits manufacturés aux coûts les plus élevés en raison de la main d’œuvre nécessaire à leur élaboration.

Trente ans plus tard, le dirigeant a misé sur la Bretagne, choisie pour son savoir-faire historique, pour relocaliser une partie de sa production. « Il y a quarante ans, la plus grosse usine de peluches en France était ici, relate-t-il. Les premières ouvrières de Doudou et Compagnie en venaient, ce qui a permis d’assurer les compétences. »

Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top