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Paris veut s’attaquer aux logements inoccupés pour stopper la baisse de la population

Un immeuble du 16ᵉ arrondissement de Paris, le 1er novembre 2023.

Le Parisien qui se balade nez au vent, à la tombée de la nuit, dans le 8e arrondissement peut s’étonner de ne trouver parfois aucune fenêtre éclairée. Dans ce quartier chic, les agences immobilières de luxe aiment cibler des acheteurs étrangers à la recherche d’un pied-à-terre, pour quelques jours par an passés dans la capitale. Selon un conseiller de l’agence Belles demeures de France, « il y a, dans le secteur de la place François-Ier, de très beaux immeubles fermés depuis vingt ans ». Cet arrondissement « a perdu près de la moitié de ses habitants en cinquante ans », soulignait d’ailleurs la maire (Les Républicains) du 8e, Jeanne d’Hauteserre, lors d’un Conseil de Paris, le 5 octobre, en déplorant l’existence d’immeubles « désespérément vides ».

Pour chiffrer ce phénomène, la Ville de Paris s’est tournée vers l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), qui a rendu, mardi 5 décembre, un rapport « qui nous préoccupe beaucoup », reconnaît Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris. L’étude fait état, sur la période récente, d’une explosion du nombre de logements inoccupés : en 2020, ils représentaient 19 % des habitations à Paris (262 000 logements), contre 14 % en 2011 (191 000 logements). Une évolution qui se traduit par une baisse de la population parisienne, la capitale ayant perdu sur cette période en moyenne 11 500 habitants chaque année, alors qu’elle en gagnait près de 14 000 par an entre 2006 et 2011.

Ce terme « inoccupé » englobe toutefois différents types d’habitations, qui ont pour point commun de ne pas être des résidences principales : des logements vacants, des résidences secondaires et des logements occasionnels, utilisés pour des raisons professionnelles – ces deux dernières catégories pouvant abriter des occupants de temps à autre.

Répartition « très inégale » des résidences secondaires

C’est la courbe de ces résidences secondaires et occasionnelles qui a grimpé en flèche ces dernières années, leur part passant de 3 % dans les années 1970, à moins de 7 % en 2011 puis à 10 % en 2020 (soit 134 000 logements). Une augmentation « en partie liée à la hausse des locations meublées touristiques non déclarées », avance l’APUR. Ce dernier a recensé, en février 2023, 55 000 annonces sur le seul site d’Airbnb et estime que près de 90 000 logements sont utilisés à Paris pour de la location touristique, avec un taux de fraude très élevé. La Ville de Paris estime en effet qu’environ 25 000 appartements parisiens sont détournés de leur usage de résidence principale, pour être loués sur des plates-formes de courte durée, tout au long de l’année.

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