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Nadia Calviño nommée à la tête de la Banque européenne d’investissement, le bras armé financier de l’Union européenne

La ministre espagnole de l’économie, Nadia Calviño, au sommet pour le nouveau pacte financier mondial, à Paris, le 23 juin 2023.

Rarement la présidence de la Banque européenne d’investissement (BEI), le bras armé financier de l’Union européenne (UE), aura suscité autant de convoitises et donné lieu à autant de suspense. Finalement, après des mois d’atermoiements, les ministres des finances européens ont décidé, vendredi 8 décembre, de nommer l’une des leurs, l’Espagnole Nadia Calviño, qui sera la première femme à la tête de l’institution luxembourgeoise. Elle y remplacera l’Allemand Werner Hoyer au 1er janvier 2024.

L’heureuse élue, qui connaît bien les affaires communautaires pour avoir occupé plusieurs postes de direction générale à la Commission européenne avant de devenir l’argentière du gouvernement social-démocrate de Pedro Sanchez en 2018, ne s’est pas imposée facilement. L’Italien Daniele Franco, ex-ministre des finances de Mario Draghi, était également sur les rangs. Tout comme deux vice-présidents de la BEI : la Polonaise Teresa Czerwinska et le Suédois Thomas Ostros.

Mais c’est surtout Margrethe Vestager qui était sa grande rivale. En disponibilité de son poste de vice-présidente de la Commission, l’ex-ministre de l’économie danoise, qui s’est fait connaître pour avoir lutté contre l’évasion fiscale des géants de la Silicon Valley, a fait une campagne active et efficace.

Pour accéder à la présidence de la BEI, il faut avoir obtenu le soutien d’au moins dix-huit Etats membres, qui détiennent au moins 68 % du capital de la banque. Ce qui donne un poids déterminant à ses quatre premiers actionnaires que sont l’Allemagne (26 % du capital), la France (20 %), l’Italie (17 %) et l’Espagne (12 %).

Madrid et Pedro Sanchez soutenaient naturellement Nadia Calviño. Rome avait son candidat. Berlin a, un temps, penché du côté de Margrethe Vestager, une libérale comme son ministre des finances, Christian Lindner, membre du Parti libéral-démocrate (FDP). Mais le chancelier social-démocrate, Olaf Scholz, a finalement préféré nommer une personnalité de son camp.

Minorité de blocage

Au passage, l’Allemagne a pu placer l’un des siens à la direction de l’organe de supervision de la Banque centrale européenne, alors que le poste devait revenir à la gouverneure adjointe de la Banque d’Espagne, Margarita Delgado. La vice-présidente de la Bundesbank, Claudia Buch, a donc été nommée à la direction du gendarme bancaire européen, dégageant ainsi la voie à Nadia Calviño à la BEI.

« Madrid a convaincu Berlin en lui laissant la supervision bancaire, alors que la candidate espagnole était bien meilleure que l’allemande », confie un diplomate européen. Par ailleurs, affirme cette source, « l’Espagne s’est engagée à soutenir la candidature de Francfort [Allemagne] pour accueillir le siège de la future autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent », alors que Paris est aussi sur les rangs. Toujours est-il que, le 11 novembre, lors d’une réunion des socialistes européens en Espagne, Olaf Scholz a enfin soutenu Nadia Calviño, déclarant qu’elle « ferait une très bonne présidente de la BEI ».

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