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Philippe Martinez rattrapé par un affrontement interne à la CGT

L’ex-secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, lors d’une manifestation contre la réforme des retraites, à Clermont-Ferrand, le 28 mars 2023.

Depuis huit mois et demi, Philippe Martinez n’est plus le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT). Mais son existence continue d’être troublée par un des affrontements internes qui ébranlèrent la confédération à l’époque où il était numéro un. Selon les informations du Monde, l’ex-leader syndical, qui est parti à la retraite il y a quelques semaines, après avoir terminé sa carrière chez Renault, va être jugé pour diffamation publique. La procédure résulte d’une plainte déposée par un de ses « camarades » pour des propos qu’il n’a pas tenus, mais dont il endosse la responsabilité. L’audience est prévue le 30 septembre 2024, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris.

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M. Martinez est poursuivi à cause d’un tract distribué en janvier 2020, lors du congrès de l’union départementale CGT de Paris. Sur la feuille, il y avait cet en-tête : « Pas d’agresseurs à la CGT. Ni dans les syndicats, ni en responsabilité ! » Le texte ne contenait aucun nom mais ciblait très clairement Régis Vieceli, le chef de la CGT du nettoiement à la Ville de Paris, en rappelant des faits qui lui avaient été reprochés. En l’occurrence, il s’agissait d’une altercation entre le syndicaliste et une militante de la CGT-Petite enfance, le 2 décembre 2016, à la Bourse du travail. Il avait alors été accusé de l’avoir attrapée par les cheveux et de l’avoir poussée violemment sur une table. Une plainte avait été déposée mais elle s’était soldée par un avis de classement sans suite.

M. Vieceli a toujours contesté l’affirmation selon laquelle il aurait violenté cette femme. Mais ses dénégations n’ont pas convaincu la cellule de veille des violences sexistes et sexuelles qui existe au sein de la CGT. Rattachée à la direction nationale du syndicat, cette structure a mené sa propre enquête sur l’épisode du 2 décembre 2016. Dans un rapport, elle a conclu qu’il s’agissait d’« une agression physique à caractère sexiste » tout en observant que « l’agresseur reste un dirigeant fédéral et SG [secrétaire général] d’un syndicat important ». Le tract de janvier 2020 a repris ces appréciations, en précisant qu’elles émanaient de la cellule de veille. S’y sont ajoutées d’autres accusations, lancées à la même époque par un militant de la CGT et par la responsable de la CGT-Petite enfance à la Mairie de Paris.

« Mettre fin à des déclarations malveillantes »

Ulcéré d’être montré du doigt de façon répétée, M. Vieceli a déposé plainte contre X en juillet 2020. Sa démarche a débouché sur le renvoi en correctionnelle de M. Martinez, ainsi que des deux autres personnes l’ayant mis en cause. Si l’ancien secrétaire général de la CGT devra s’expliquer devant la justice, c’est parce qu’il était responsable – du fait de sa fonction – de l’édition du rapport de la cellule de veille, cette entité étant placée sous l’autorité de la direction confédérale.

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