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Monique Olivier, complice du tueur en série Michel Fourniret, écope de la prison à perpétuité

Monique Olivier a été condamnée, mardi, à la prison à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour sa complicité dans trois enlèvements et meurtres commis par son ancien mari, le tueur en série Michel Fourniret.

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Après trois longues semaines d’audience et plus de dix heures de délibéré, le verdict est tombé dans le procès de Monique Olivier. L’ancienne femme du tueur en série Michel Fourniret a été condamnée, mardi 19 décembre, par la cour d’assises des Hauts-de-Seine à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 20 ans pour sa complicité dans trois enlèvements et meurtres commis par son ex-mari.

Le rôle de l’ex-épouse de « l’Ogre » a été reconnu dans l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish, aggravés par une tentative de viol pour la première victime et un viol pour la deuxième. Elle est également reconnue coupable de complicité dans l’enlèvement, la séquestration et le meurtre d’Estelle Mouzin. 

« La cour a été convaincue de la culpabilité de Monique Olivier », a lu le président de la cour Didier Safar.

Marie-Angèle Domèce, 18 ans, Joanna Parrish, 20 ans, et enfin Estelle Mouzin, 9 ans : les trois victimes du tueur en série ont bien été enlevées, séquestrées, tuées avec la complicité de Monique Olivier, a jugé la cour, qui a aussi reconnu sa complicité pour le viol de Joanna Parrish et la tentative de viol sur Marie-Angèle Domèce.  

La tête baissée, les yeux mi-clos, l’accusée de 75 ans a écouté le verdict, l’air impassible. Elle avait précédemment demandé « pardon » aux familles des victimes et déclaré regretter « tout ce que j’ai fait ».

La cour a répondu par l’affirmative aux quatorze questions qui lui étaient posées sur les enlèvements, assortis de viol ou tentative de viol, et meurtres de deux jeunes femmes : Marie-Angèle Domèce en 1988, et Joanna Parrish en 1990. Puis aux six autres questions sur l’enlèvement et la séquestration suivis de mort d’Estelle Mouzin, la plus jeune des victimes de Michel Fourniret, disparue en janvier 2003.

Lundi, le ministère public avait requis contre l’accusée la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans, « au vu de la gravité exceptionnelle des faits commis, de la nécessaire protection de la société ».

Personnalité énigmatique

La voix hésitante, Monique Olivier s’est présentée comme la victime de son ex-mari, décédé en détention en 2021, durant tout son troisième procès devant les assises, débuté le 28 novembre.

Côté parties civiles et accusation, les avocats comme le ministère public ont tenté de percer à jour l’énigmatique ex-épouse du tueur, accusée de n’avoir pas « sauvé » la « petite » Estelle alors qu’elle participait à sa séquestration ou encore d’être restée immobile à l’avant du véhicule de Michel Fourniret alors qu’il violait et tuait Joanna Parrish. 

En 2008, la cour d’assises des Ardennes avait condamné Monique Olivier à la perpétuité pour complicité dans quatre enlèvements et meurtres de son mari. Puis elle avait écopé de 20 ans de réclusion, 10 ans plus tard à Versailles, toujours pour complicité, dans un meurtre crapuleux cette fois. 

Elle avait été condamnée au total à 30 ans de sûreté lors de ces deux précédentes condamnations, et ne sera donc libérable qu’en 2035. 

Experts divers et variés, témoins ayant croisé le couple – comme cette professeure de piano japonaise qui avait refusé de donner des cours au fils du couple Fourniret -, Selim Olivier lui-même se sont succédé à la barre depuis le 28 novembre. 

Parfois malmenés par le président de la cour, ils ont répondu au feu roulant des questions des parties civiles, représentées par Mes Didier Seban et Corinne Herrmann, et de la défense portée par Me Richard Delgenes.

« Part d’ombre sur les faits »

L’audience a présenté quelques surprises, comme lorsque des enquêteurs de la police judiciaire de Versailles venus à la barre le 8 décembre ont exprimé leur scepticisme sur l’implication de Michel Fourniret dans la disparition d’Estelle Mouzin, plus de 20 ans après les faits.

Moment inhabituel en cour d’assises, encore, quand Me Richard Delgenes a repris la main jeudi lors de l’interrogatoire mené par le président sur l’enlèvement d’Estelle Mouzin. Ce dernier assaillait sa cliente de questions sur ses mensonges devant les enquêteurs. 

« Il fallait partir des vérités » que Monique Olivier a dites sur les faits « pour aller plus loin » pendant l’audience, avait regretté auprès de l’AFP Me Delgenes. 

Aller au-delà des aveux déjà connus et des dénégations hésitantes de Monique Olivier n’aura pas été possible lors de ce procès. 

Monique Olivier a fait « le choix de garder une part d’ombre sur les faits » et sur « sa responsabilité pleine et entière » dans les crimes, a regretté l’un des avocats généraux, Hugues Julié.

Répétant inlassablement « je ne sais pas » ou « je ne me souviens plus » quand elle était interrogée sur les faits, Monique Olivier n’a apporté aucun nouvel élément tangible concernant les sévices infligés à Estelle Mouzin ou l’emplacement des corps de la petite fille et de Marie-Angèle Domèce, jamais retrouvés. 

Avec AFP

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