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La nouvelle vie des friches industrielles

Au sol, des débris de verre craquent encore sous les pas. A l’extérieur, les lettres géantes de la marque Philips se distinguent de plus en plus mal sur la façade, effacées par le temps, comme la relique d’un passé glorieux. Depuis 2017, l’ancien site du fleuron néerlandais de l’électronique à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) est devenu une friche industrielle. Ici, de 1951 à 2015, on produisait des tubes néon fluorescents.

Près de 15 000 fabriqués à l’heure par plus de 800 ouvriers, hommes et femmes, au plus fort de l’activité dans les années 1970-1980. Les « Philips », comme on les appelait, étaient une des fiertés industrielles de la Bourgogne, avec les « Framatome » ou les « Schneider ». Concurrencée par l’apparition des LED, l’usine a entamé son déclin à partir de 2000. Rachetée par le groupe Nordeon en 2012, elle a finalement été mise en liquidation judiciaire en 2017 et ses derniers 152 salariés au chômage.

Quatre ans plus tard, en 2021, l’agglomération du Grand Chalon a décidé de racheter les 7 hectares dont 25 000 m² de bâtiments. « On a pris la main pour ne pas laisser une friche s’installer dans la durée », explique Sébastien Martin, le président de la communauté d’agglomération, qui fait visiter les lieux en cette fin de mois de janvier pluvieuse, casque de chantier sur la tête et chaussures de sécurité aux pieds. Le rachat a coûté 50 000 euros – une affaire –, mais la remise aux normes du site, qui a commencé depuis un an, va demander beaucoup plus d’argent.

Lors d’une visite de la friche industrielle Philips, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 22 janvier 2024. Le site va être décontaminé, déconstruit, dépollué, pour permettre l’installation de nouvelles activités.
Un quai de déchargement d’un bâtiment de réception de marchandises, dans la friche industrielle Philips, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 22 janvier 2024.

Le montant prévu pour la décontamination et la destruction des bâtiments, puis la dépollution des sols – l’ancienne usine Philips utilisait du mercure, de l’amiante et du plomb notamment – est d’environ 7 millions d’euros. L’agence de la transition écologique (Ademe) participe au financement pour 2,7 millions, la région apporte 950 000 euros et la Banque des territoires quelque 27 000 euros supplémentaires. « Avec plus de 3,5 millions d’euros de subventions et un objectif de revente des terrains estimé à 2 millions, le chantier devrait coûter à la toute fin 1,5 million d’euros à l’intercommunalité », calcule Sébastien Martin.

« Des sites clés en main »

L’ambition est grande mais crédible : la friche Philips est située à la sortie nord de Chalon-sur-Saône et à l’entrée de la zone SaôneOr. Premier parc industriel entre Paris et Lyon, cet espace de 150 hectares est posé en bordure de l’autoroute A6, sur les anciennes terres de l’usine Kodak, fermée en 2005 et réhabilitée depuis avec succès. L’ex-friche Kodak est un bon exemple à suivre pour sa voisine Philips : elle compte aujourd’hui plus de 350 entreprises (réparties dans les secteurs de la plasturgie, de l’agroalimentaire, de l’isolation, de la maroquinerie, etc.) pour 6 600 emplois. « C’est la démonstration qu’en proposant des sites clés en main à des investisseurs, on peut réindustrialiser des territoires sur le long terme », affirme Sébastien Martin.

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