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Amélie Oudéa-Castéra face à sa première grève d’enseignants

Dans le cortège parisien de la manifestation des personnels de l’éducation nationale, le 1ᵉʳ février 2024.

Au concours du slogan le plus utilisé, « Oudéa, casse-toi ! » arrive en bonne place dans la manifestation parisienne des personnels de l’éducation nationale, ce jeudi 1er février. Sur les pancartes ou dans les chants entonnés, le nom de la ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudéa-Castéra, cristallise le rejet. Les différentes polémiques qui ont émaillé les trois semaines écoulées depuis son arrivée Rue de Grenelle, le 11 janvier, ont aiguisé le mécontentement d’une profession qui se sent déjà maltraitée depuis des années. Prévu depuis décembre par la FSU, FO, la CGT et SUD, le mouvement a été rejoint par la quasi-totalité des syndicats et a élargi ses mots d’ordre depuis les controverses de janvier.

« Un ministre au niveau plutôt que des groupes de niveau », « AOC, un très mauvais cru », « AOC : mets tes baskets (tu seras moins hors-sol) », peut-on lire sur les cartons brandis tout au long du cortège qui a réuni 6 800 personnes selon la Préfecture de police à Paris, jeudi après-midi. Au moins 1 600 personnes ont aussi manifesté à Marseille, 2 500 à Lyon, 2 300 à Rennes, 2 300 Nantes et 1 700 à Rouen, entre autres, selon les autorités relayées par l’AFP.

Alors que des voix s’interrogent au sein même de la majorité sur la capacité d’Amélie Oudéa-Castéra à rester à la tête de ce superministère, cette journée de mobilisation a été suivie de près par l’exécutif, qui doit faire connaître la composition complète de son gouvernement dans les prochains jours. Si la grève n’a pas atteint le niveau du 13 janvier 2022, en pleine crise sanitaire, la mobilisation a été importante. Le ministère de l’éducation nationale compte ainsi 20 % de grévistes parmi les enseignants, tandis que les syndicats de la FSU dénombrent, eux, 40 % de grévistes dans les écoles primaires et 47 % dans les collèges et les lycées.

S’exprimant après le mouvement de grève dans la matinale de TF1, vendredi 2 février, Amélie Oudéa-Castéra « ne songe pas à démissionner ». Elle veut « désormais avancer », « avancer avec les enseignants », après le reconnaît-elle « un début qui n’a pas été bon ».

« Réformes qui se contredisent »

Jeudi 1er février, la dizaine d’enseignants de l’école Littré qui défilent derrière une banderole, où il est écrit « école Littré : un paquet de profs mobilisés », attirent les regards. Et pour cause : c’est dans cet établissement du centre de Paris qu’Amélie Oudéa-Castéra a scolarisé son fils aîné en 2009 en maternelle, avant d’opter pour l’établissement privé sous contrat Stanislas. Une école où un « paquet d’heures » n’étaient « pas sérieusement remplacées », selon les propos de la ministre, le 12 janvier, qui ont mis le feu aux poudres et pour lesquels elle s’est finalement excusée, « la réalité [lui donnant] tort ». « Les propos de la ministre ont mis au jour l’agenda du gouvernement, celui du tri social », assène Léa, professeure de l’école encore affectée par la polémique.

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