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En direct : « La France s’oppose et continuera de s’opposer à l’accord de libre-échange avec le Mercosur », affirme Emmanuel Macron

Sandrine Le Feur (députée Renaissance) : L’amélioration du revenu agricole ne devrait jamais empiéter sur la transition agroécologique. En effet, la dégradation des écosystèmes est un fléau, il s’aggrave et pose une menace économique (pas de souveraineté sans pollinisateurs, sans sols en bonne santé, haies, zones humides, etc.), sanitaire (perturbateurs endocriniens, cancers, malformations, pathologies respiratoires, etc.) et environnementale (déclin de la biodiversité).

Donc, bien entendu que non, ce n’est pas un prix acceptable. Mais notre majorité défend l’ambition du Green Deal au niveau européen, et c’est ainsi que nous parviendrons à sortir par le haut de cette injonction qui semble contradictoire : en défendant des normes communes. Cela passe aussi par la négociation de clauses miroirs dans les accords de libre-échange, pour que l’exigence de réciprocité dépasse nos frontières européennes et s’applique à nos partenaires commerciaux.

La menace qui se pose à nous est politique : aujourd’hui, la droite et l’extrême droite menace l’ambition du Green Deal, avant même que les règlements d’application ne soient entrés en vigueur. Nous faisons face à une opposition idéologique forte, et cela doit nous préoccuper fortement car elle risque de s’accentuer si les partis du centre et de gauche ressortent si affaiblis des européennes que ce que les sondages prédisent.

Nous devons marteler un impératif : économie et écologie sont par essence compatibles. Sans écologie, c’est le déclin économique qui nous attend. Et le coût de l’inaction augmente à mesure que le temps passe : il y a urgence.

Benoît Biteau (eurodéputé EELV) : C’est l’enjeu d’une plus juste et plus équitable répartition des enveloppes publiques, dont les orientations ne peuvent plus être débattues et décidées avec le seul monde agricole, mais au cœur d’un vrai débat de société intégrant les enjeux de l’alimentation, bien sûr, mais aussi de climat, de biodiversité et de santé, de surcroît lorsqu’il s’agit d’enveloppe publique constituée par la fiscalité des contribuables.

Il est donc urgent de veiller au redéploiement de ces enveloppes publiques, afin qu’elles satisfassent l’ensemble de ces enjeux. D’autant plus que ces orientations satisfont également une rémunération plus digne des producteurs et l’espoir d’une souveraineté alimentaire dans le long terme grâce à la préservation, de la restauration, par exemple de la fertilité des sols, des populations de pollinisateurs indispensables à la fécondation des récoltes. Enfin autant d’argent public, d’aides directes par la PAC, et indirectes par les politiques de réparation sur les ressources vitales comme l’eau, de la biodiversité, du climat, de la santé de nos concitoyens, ne peut plus être engagé sur des voies menaçant aussi sévèrement notre santé, le climat et la biodiversité.

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