Close

Le successeur du congé parental reste à inventer

Le congé parental est mort, mais pour quelle alternative ? Lors de sa conférence de presse du 16 janvier, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, annonçait un nouveau dispositif, présenté comme plus attractif et plus égalitaire que le congé parental, sur le déclin. En effet, en 2020, seuls 246 000 parents, contre 500 000 en 2013, avaient demandé un congé parental d’un an renouvelable jusqu’à trois ans. Quatre-vingt-quinze pour cent des bénéficiaires étaient des femmes. Une situation qui serait liée au faible montant de la prestation mensuelle de 428,71 euros maximum du congé parental.

Au sein des couples, les femmes actives, généralement moins bien payées que leur conjoint, suspendent plus volontiers leur carrière. Mais les bac + 5 qui perçoivent un bon salaire hésitent de plus en plus à délaisser momentanément leur emploi pour s’occuper du nouveau-né. In fine, « ce sont surtout les mères à faible niveau de diplôme et de revenu qui demandent un congé parental », constate le sociologue Julien Damon, coauteur en 2021 d’un rapport sur la conciliation entre vie professionnelle et familiale. Et ce congé serait souvent pris et prolongé non par choix, mais faute d’avoir trouvé une solution de garde, nuisant à l’employabilité des mères concernées.

Le congé de naissance annoncé entend remédier à ces failles, mais sur une durée de six mois au lieu de trois ans : les parents devraient percevoir une rémunération plus attractive dont on ne connaît pas encore le montant, mais pour chaque parent. Dans le monde syndical, des voix critiques s’élèvent, tant sur le montant de l’indemnisation que sur sa durée.

Les critiques des syndicats

Maximaliste, la CGT propose de fixer l’indemnisation à 100 % du revenu antérieur, quel que soit son niveau. Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC chargée notamment de l’égalité femmes-hommes, plaide auprès du gouvernement pour une indemnisation équivalente à 85 % du revenu antérieur, assortie d’un plafond pour les très hauts revenus. Par ailleurs, la CFTC souhaite que les parents puissent utiliser ces six mois de congé à leur convenance, de manière simultanée ou successive. Cela afin que l’enfant puisse disposer d’un accompagnement parental tout au long de sa première année d’existence.

La CFDT, de son côté, plaide pour un taux dégressif : le congé serait rémunéré à hauteur de 100 % pour les bas salaires mais à 80 % pour les plus élevés. Béatrice Lestic, secrétaire nationale chargée de l’égalité professionnelle à la CFDT, s’inquiète aussi des conséquences du raccourcissement à six mois : « Les mères qui n’ont pas trouvé de solution de garde à l’issue de ce délai pourraient être contraintes de démissionner, alors même que le système actuel leur garantit au moins de retrouver leur emploi jusqu’à trois ans. »

Il vous reste 25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top