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« Les Deux France » : un élu au cœur des émeutes urbaines de l’été 2023

« On se dit que ça n’arrive qu’aux autres. Et, pourtant, en une fraction de seconde, me voilà sur le devant de la scène. Une scène de crime. » Vincent Jeanbrun commence son livre, « écrit comme une thérapie », par l’événement dramatique qui l’a propulsé, à l’été 2023, sur le devant de la scène politique. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, le domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) est attaqué à la voiture-bélier et en partie incendié lors des émeutes urbaines. Sa femme fuit par l’arrière du jardin avec leurs deux jeunes enfants au milieu des tirs de mortiers et se blesse gravement à la jambe. Au même moment, l’élu du parti Les Républicains (LR) veille sur sa mairie barricadée. Vincent Jeanbrun livre presque un récit de guerre avec les détails de cette confrontation entre sa police municipale et les émeutiers, ou encore l’histoire de ce gymnase sauvé d’un incendie probable grâce à l’intervention d’une gardienne d’école.

Lire aussi le portrait : Article réservé à nos abonnés Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses et nouveau visage de la droite des banlieues

En quelques jours, Vincent Jeanbrun devient, à 39 ans, le symbole des maires en première ligne face à cette déferlante de violences. La France découvre son histoire au « 20 heures » de TF1, celle d’un petit-fils d’immigrés italiens élevé au 17e étage d’une de ces « tours marron » dans la ville dont il est le maire depuis 2014. Les Deux France (Albin Michel, 270 pages, 18,90 euros) raconte de l’intérieur ces jours où, selon lui, la République vacille face à des émeutiers qui incarnent cette autre France, « celle du chaos ». L’auteur multiplie les exemples des petits renoncements de l’Etat dans ces territoires déclassés, épingle une justice devenue une usine à classer et à fabriquer de l’impunité et pointe la faillite de la politique de la ville.

Mise en garde

Lui assume une politique répressive stricte, vante le recours à la vidéosurveillance et aimerait que sa police municipale puisse bénéficier de drones pour identifier les auteurs de violences. Le propos pourrait apparaître droitier, le constat trop définitif, mais Vincent  Jeanbrun a le mérite de ne pas seulement parler de répression. L’intégration constitue aussi le cœur du livre. L’élu met en avant cette « envie de s’en sortir » chez ses concitoyens, de ne plus être assignés à résidence dans des quartiers synonymes de « relégation ». Une thématique plus trop à la mode pour une droite devenue obsédée par la question de l’immigration.

Sans leur chercher d’excuses, ce proche de Valérie Pécresse décrit les émeutiers de l’été 2023 comme des « enfants de France » et non des éléments extérieurs. Face à cet échec de l’intégration, il plaide pour un sursaut républicain, demande un grand plan pour les quartiers populaires et met en garde contre une prochaine flambée de violences. Ces derniers jours, la France a surtout le regard tourné vers la colère des agriculteurs. Les émeutes semblent déjà loin et Vincent Jeanbrun s’en inquiète. « Je vois bien qu’il y a une volonté de tout le monde de très vite tourner la page, et c’est aussi pour cela que j’ai écrit ce livre. »

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