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Les Vingt-Sept font plier Viktor Orban pour soutenir l’Ukraine

A gauche, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le président Emmanuel Macron. A droite, la première ministre italienne, Giorgia Meloni, le premier ministre hongrois, Viktor Orban et le chancelier allemand, Olaf Scholz, lors d’une réunion en marge du Conseil européen, à Bruxelles, le 1ᵉʳ février 2024.

L’Union européenne (UE) et le président ukrainien Volodymyr Zelensky redoutaient le pire : un blocage persistant de la part de Viktor Orban, le premier ministre hongrois, contre le plan d’aide massif de l’UE en faveur de l’Ukraine, au moment où le Congrès américain continue de se déchirer sur le financement du soutien à Kiev. Contre toute attente, les Vingt-Sept sont parvenus en quelques minutes, jeudi 1er février, à faire plier le dirigeant nationaliste afin d’activer l’enveloppe de 50 milliards d’euros promise sur quatre ans à Kiev.

Il était à peine 11 h 26 quand Charles Michel, le président du Conseil européen, a annoncé la nouvelle : « Nous avons conclu un accord, a-t-il écrit sur le réseau social X. Cet accord garantit un financement stable, prévisible et à long terme pour l’Ukraine. » Afin d’arracher un compromis, M. Michel avait réuni en tout début de matinée Viktor Orban, le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Olaf Scholz, la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, et Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission.

Le premier ministre hongrois, tout en répétant ses critiques sur le soutien apporté à l’Ukraine, lui qui réclame un cessez-le-feu entre Kiev et Moscou et des pourparlers de paix, a alors accepté de soutenir les vingt-six autres Etats membres en échange de débats réguliers, au niveau des dirigeants, sur la mise en œuvre de ces fonds. Tandis que Budapest exigeait ces derniers jours un droit de regard annuel sur cette enveloppe, assorti d’un vote à l’unanimité, il a juste été convenu d’inviter « si nécessaire, dans les deux ans », la Commission à proposer la révision du budget concerné. « Aucun cadeau ne lui a été fait », a assuré le chef de l’Etat français à l’issue des tractations.

Six semaines d’intenses négociations

C’est un véritable soulagement pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky a remercié les dirigeants de l’UE d’avoir mis en place la facilité pour l’Ukraine. « Il est très important que la décision ait été prise par les vingt-sept dirigeants, ce qui prouve une fois de plus la forte unité de l’UE, a-t-il rappelé sur X. La poursuite du soutien financier de l’UE à l’Ukraine renforcera la stabilité économique et financière à long terme, ce qui n’est pas moins important que l’assistance militaire et la pression des sanctions sur la Russie. »

Dès mars, après le feu vert attendu fin février du Parlement européen, les Vingt-Sept espèrent être en mesure d’effectuer les premiers versements à Kiev. Il s’agit d’une aide d’une ampleur inédite pour un pays candidat à l’UE avec lequel les négociations d’adhésion n’ont pas encore commencé. « La Russie ne peut donc pas compter sur une quelconque fatigue des Européens dans leur soutien à l’Ukraine », s’est félicité Emmanuel Macron.

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