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« Face au succès de la Ciivise, nous ne comprenons pas les motivations de sa nouvelle orientation »

Nous, citoyennes et citoyens, voulons partager notre indignation face à l’éviction du président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), Edouard Durand, et à son remplacement [par l’ex-rugbyman et responsable associatif Sébastien Boueilh et l’experte judiciaire Caroline Rey-Salmon] non justifié à ce jour par Charlotte Caubel, secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la protection de l’enfance. Nous pensons que ce remerciement vient mettre à mal trois ans d’un travail inédit et dont la France peut être fière.

Dans sa lettre de mission adressée aux présidents de la Ciivise, Adrien Taquet, alors secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, insistait sur « l’urgence d’agir », pour « qu’un changement de société soit possible ». A cet effet, sa première demande était « d’ouvrir un espace d’expression inédit », à travers « un recueil de témoignages de victimes » ainsi « qu’un accompagnement adapté à leur situation ». Le rapport final de la Ciivise ainsi que les rapports intermédiaires montrent à quel point cette demande fut prise au sérieux.

Grâce à cet appel à témoins (27 000) sans précédent, la Ciivise a non seulement permis de rendre visible un problème social majeur mais a également élaboré des moyens à mettre en œuvre face aux violences sexuelles faites aux enfants et au phénomène de déni qui les accompagne.

Notre inquiétude est que les quatre-vingt-deux préconisations issues de ces témoignages ne tombent dans l’oubli.

Au terme de ces trois années de travail, la Ciivise est non seulement devenue « un espace d’expression pour les victimes adultes ou enfants », mais également un endroit de confiance où la parole des victimes peut être entendue et considérée. Dans l’état actuel du système français de protection contre les violences intrafamiliales, pour de nombreuses victimes, la Ciivise est le dernier endroit où leur parole peut être prise en compte par une structure institutionnelle.

Doute qui plane sur la ligne téléphonique

Selon certains témoignages, ce moment d’écoute offert par la Ciivise est une étape importante, point de départ de leur reconstruction. A cet égard, la présence d’un représentant institutionnel et, en particulier, d’un magistrat à la direction de cette commission représente pour les victimes, et de manière symbolique, un vrai soutien. La devise « Je te crois, je te protège » choisie par les membres de la commission pluridisciplinaire prend en charge et accueille cette confiance.

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