Close

Gouvernement Attal : Emmanuel Macron espère rallier d’autres personnalités de droite, au risque de fragiliser son premier ministre

Emmanuel Macron, à Bruxelles, le 1er février 2024.

Alors que se profile la deuxième vague de nominations au gouvernement, l’entreprise de déstabilisation du parti Les Républicains (LR) se poursuit à l’Elysée. Ravi de son « coup d’audace », selon le mot du chef de file des sénateurs macronistes, l’ancien socialiste François Patriat, qui l’a vu enrôler la présidente du conseil national de LR, Rachida Dati, Emmanuel Macron entend continuer, à l’occasion de cette deuxième vague, de dépouiller le parti de droite de ses oripeaux. Les prochaines prises de guerre ne seront sans doute pas aussi médiatisées que celle de la maire du 7e arrondissement de Paris, mais l’« élargissement de la majorité » reste un objectif du président de la République, confirme l’Elysée, au même titre que le « dépassement » ou la « parité ».

L’ancien député LR Thierry Solère, conseiller « bénévole » du chef de l’Etat, chargé de négocier le ralliement de personnalités de droite, a été missionné pour sonder les sénateurs LR susceptibles d’entrer au gouvernement. N’est-ce pas au Sénat, dominé par la droite, que se trouvent les membres de LR les plus « constructifs », qui ont permis l’adoption de deux des principales lois de l’année 2023 (retraites et immigration) et ont applaudi le discours de politique générale du premier ministre, Gabriel Attal, mercredi ?

La démarche élyséenne provoque cependant de légères tensions du côté de Matignon, justement. Gabriel Attal, qui jurait, le 11 janvier sur TF1, « respecter beaucoup les oppositions », avait eu le réflexe d’appeler les « chefs de groupe des oppositions » le soir même de sa nomination, le 9 janvier. Ainsi, au cours d’une conversation téléphonique avec Eric Ciotti, président de LR, le nouveau premier ministre s’est engagé à ne procéder à aucun débauchage parmi les LR : « Ça ne sert à rien, car ça n’améliore pas la majorité et ça crispe », a jugé l’ancien militant socialiste, selon les propos rapportés par Eric Ciotti, le 17 janvier sur France 5.

« Rachida Dati, c’est une marque que l’on a achetée »

Le locataire de Matignon, qui n’a pas eu son mot à dire, deux jours plus tard, sur l’entrée de Rachida Dati dans son gouvernement, a éprouvé le besoin de s’expliquer, le 11 janvier au soir, auprès d’Eric Ciotti, qu’il a de nouveau appelé, selon le récit de ce dernier. « Je suis un peu désolé, mais Rachida Dati, ce n’est pas LR, a distingué Gabriel Attal auprès du député des Alpes-Maritimes. Rachida Dati, c’est une marque que l’on a achetée. » Une façon de dire que les parlementaires LR ne seraient pas visés par de futurs débauchages.

Il vous reste 65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top