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Procès du MoDem : François Bayrou joue son avenir politique

Le président du MoDem, François Bayrou, au Palais de justice de Paris, le 7 novembre 2023.

Il y a tout juste un an, lors de ses vœux à la presse, le 25 janvier 2023, François Bayrou ne cachait pas ses ambitions avec un certain sens de la litote : « Il n’est pas un citoyen engagé qui ne doive se préoccuper [de l’élection présidentielle]. Je ne fais pas exception à cette règle. » Pour la cuvée 2024, le maire de Pau n’a pas souhaité la bonne année aux journalistes, s’astreignant à une diète médiatique jusqu’au jugement de son procès, prévu pour le lundi 5 février, dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem.

Ceux qui l’ont croisé ces derniers jours l’ont décrit comme inquiet, particulièrement affecté par la peine de trois ans d’inéligibilité requise par le parquet, le 14 novembre 2023, en plus de trente mois de prison et 70 000 euros d’amende. Certes du sursis, avec toujours la possibilité de se pourvoir en appel. Mais le symbole serait ravageur pour M. Bayrou, qui a fait de la probité l’un de ses marqueurs électoraux.

Le jugement intervient alors que le Béarnais et ses troupes ont laissé des plumes pendant l’examen de la loi sur l’immigration au Parlement, fin 2023. En coulisses, il s’est activé avec la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, pour s’opposer à la mise en œuvre d’une caution obligatoire pour les étrangers. Sans succès. Avant la nomination du nouveau premier ministre, en remplacement d’Elisabeth Borne, le 9 janvier, il a mené campagne pour Julien Denormandie contre Gabriel Attal, sans plus y parvenir.

Macron ménage son allié

Pour l’instant, dans la première vague de nominations des ministres, le 11 janvier, son parti – fort de 51 députés sur les 249 que compte la majorité – en est réduit à la portion congrue au gouvernement avec la seule reconduction de Marc Fesneau à l’agriculture, pendant que d’anciens sarkozystes ont fait leur entrée. « La question, ce n’est pas tant le MoDem que la tonalité, estime la députée MoDem de Paris Maud Gatel, également secrétaire générale du mouvement. François Bayrou ne s’est pas battu pendant trente ans pour un centre fort et indépendant pour qu’à la fin on dise “aile gauche” et “aile droite”. »

Au lendemain du remaniement, le courroux des centristes a culminé lorsque le député MoDem du Loiret Richard Ramos a brandi la menace d’une liste MoDem aux élections européennes de juin, concurrente de celle des macronistes. Sans l’aval de François Bayrou, démine-t-on aujourd’hui au parti. A quelques jours de la deuxième vague de nominations au gouvernement, l’heure est à la désescalade. Le député MoDem des Yvelines Bruno Millienne vante « l’équilibre » du discours de politique générale de Gabriel Attal et se félicite de le voir reprendre des thèmes chers à son camp, comme la « désmicardisation » ou la « solidarité à la source ».

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