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« L’intelligence artificielle générative risque de plus en plus d’échapper au capital-risque, au profit des Big Tech »

L’année 2023 a été difficile pour le capital-risque, notamment dans la Silicon Valley. La disponibilité des fonds ne s’améliore pas. Les levées de fonds mondiaux ont atteint leur plus bas niveau depuis 2015, selon [le rapport établi par] PitchBook-NVCA avec 161 milliards de dollars (près de 149,60 milliards d’euros) contre 307 milliards de dollars en 2022, soit 47 % de baisse [PitchBook est une société de données et de logiciels financiers. NVCA est l’association nationale des acteurs du capital-risque aux Etats-Unis].

Les financements mondiaux en capital-risque sont passés d’environ 531 milliards de dollars à environ 345 milliards de dollars, soit une baisse de 35 % (186 milliards de dollars) par rapport à 2022. L’été 2023, une société de capital-risque, Countdown Capital, a fermé ses portes et OpenView, un investisseur basé à Boston, a licencié une grande partie de son personnel. Et deux grands noms du capital-risque dans la Silicon Valley, Sequoia Capital et Y Combinator, ont discrètement procédé à des licenciements, ce qui est du quasi-jamais-vu dans le sérail.

Une année de mauvaises nouvelles

Le recentrage vers l’intelligence artificielle générative (IAG) comme ChatGPT au détriment des cryptomonnaies comme le bitcoin et des métavers (mondes virtuels « explorables » en 3D avec des casques) et la mauvaise conjoncture mondiale avec ses taux d’intérêt élevés expliquent en partie cette situation. Il y a aussi l’impact d’une année de mauvaises nouvelles comme la fermeture de la Silicon Valley Bank et les faillites de WeWork et de FTX.

La valorisation des licornes, sociétés valorisées à plus d’un milliard de dollars, est aussi à la baisse et il s’en crée moins. En 2023, seules 44 entreprises nord-américaines sont devenues des licornes, selon PitchBook, contre 195 nouvelles licornes en 2022 et 360 en 2021

Et les start-up qui n’ont pas déjà disparu sont invitées par les sociétés de capital-risque à se serrer la ceinture et à se focaliser sur les bénéfices plutôt que sur l’hypercroissance à tout prix, ce qui est l’inverse du modèle classique de la réussite célèbre de la Silicon Valley.

La quasi-absence d’entrées en Bourse dans la tech aux Etats-Unis et un faible nombre de fusions-acquisitions en 2023 n’ont pas arrangé les choses car les start-up ne peuvent ni se vendre ni lever plus de fonds en Bourse : elles ont du mal à survivre, conséquence de la difficulté à se refinancer.

Des tickets d’entrée élevés

Certaines critiques des sociétés de capital-risque sont apparues, notamment à la faveur de la grève des scénaristes d’Hollywood en 2023 contre l’IA et la « pensée magique » de la Silicon Valley. Celle-ci pousserait ses rêves illusoires de croissance hyperbolique visant à profiter de l’instinct grégaire des petits investisseurs grâce à sa culture du secret sur les résultats des sociétés non cotées et à sa tendance à enjoliver les affaires avant de les laisser tomber (le « pump and dump », gonfler puis larguer) une fois vendues.

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