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« Timide redémarrage » de l’économie française, selon l’Insee

Après la stagnation, l’éclaircie ? L’Insee entrevoit pour le premier semestre 2024 une croissance « modérée », de l’ordre de 0,2 % par trimestre, tandis que l’inflation continue de ralentir. En milieu d’année, la hausse des prix en glissement, sur douze mois, ne serait plus que de 2,6 %, au lieu de 3,1 % en janvier 2024 et 3,7 % en décembre 2023. Ces prévisions, publiées mercredi 7 février, décrivent un « redémarrage timide de l’activité », après deux derniers trimestres de 2023 totalement atones et une année qui s’est clôturée sur un modeste 0,9 % de croissance.

En berne depuis le début de la crise inflationniste, « la consommation devrait être le principal moteur de l’économie française », estime Nicolas Carnot, directeur des synthèses économiques de l’Insee. A l’appui de cette conviction, l’accalmie qui se fait ressentir sur les prix, notamment alimentaires, et les gains de pouvoir d’achat qui pourraient résulter des hausses de salaire à venir et de la revalorisation des prestations sociales. « L’inflation alimentaire est stable depuis plusieurs mois », argumente M. Carnot. Celle-ci s’établirait à 1,5 % sur un an en juin 2024, contre 5,7 % en janvier 2024.

Longtemps principal moteur de l’inflation, l’alimentation, qui a connu son pic en mai 2022, se voit désormais supplantée dans ce rôle par les services. Un secteur où les prix dépendent essentiellement du coût du travail, alors que ceux des produits manufacturés reposent aussi sur les matières premières et les intrants. En milieu d’année, la hausse des prix des services sur douze mois atteindrait ainsi 3 % − deux fois plus que l’alimentation −, alors que plusieurs instituts spécialisés comme WTW ou LHH estiment que les salaires pourraient progresser de 4 % en moyenne cette année, pour rattraper au moins partiellement l’inflation. Les prix des biens manufacturés, en revanche, ne contribueront presque plus à l’inflation, selon l’Insee.

Quid de l’épargne des Français ?

Toute la question est de savoir si les ménages profiteront de cet appétit de consommation retrouvé pour piocher un peu dans leurs économies (Livret A, LDD ou encore contrats d’assurance-vie). Le taux d’épargne en France reste nettement supérieur à celui d’avant-crise sanitaire, alors qu’aux Etats-Unis, où la croissance a atteint 2,5 % en 2023, l’essentiel du bas de laine accumulé pendant le Covid a été dépensé. Tout dépendra du contexte : « Le regain de confiance pourrait inciter les ménages à puiser dans leur épargne, tandis qu’à l’inverse un excès d’attentisme pourrait conduire à un nouveau semestre de stagnation », note l’Insee.

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