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Extrême droite : au Parlement européen, les grandes manœuvres ont commencé

La tête de liste de Reconquête !, Marion Maréchal et l’eurodéputé Nicolas Bay, au Parlement européen à Strasbourg, le 7 février 2024.

A quatre mois des élections européennes, prévues du 6 au 9 juin, Reconquête ! avance ses pions sur l’échiquier du Parlement de Strasbourg. Le parti d’Eric Zemmour a annoncé, mercredi 7 février, son ralliement au groupe politique des Conservateurs et réformistes européens (ECR). L’eurodéputé Nicolas Bay, élu sur la liste du Rassemblement national (RN) en 2019 avant de rejoindre les non-inscrits en 2022, y siège déjà. Marion Maréchal, la tête de liste de Reconquête ! au scrutin communautaire, et ceux qui seront élus avec elle le suivront.

Cette formation de droite nationaliste compte notamment le parti Fratelli d’Italia de la première ministre italienne, Giorgia Meloni, ou le parti Droit et Justice (PiS) polonais. Avec 68 eurodéputés sur 705, elle est la cinquième force politique du Parlement européen, derrière le Parti populaire européen (PPE) de droite, les sociaux-démocrates (S&D), les libéraux de Renew et les Verts. Le groupe Identité et démocratie (ID), auquel appartiennent le RN et ses 18 eurodéputés ou encore le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) constitue l’autre formation d’extrême droite du Parlement européen et arrive en sixième position, avec 59 élus.

Marion Maréchal travaillait à ce ralliement depuis de longs mois. Son mari, l’eurodéputé Vincenzo Sofo, qui a rejoint les rangs de Fratelli d’Italia, a joué les intermédiaires avec le clan Meloni quand, à Bruxelles, Nicolas Bay multipliait les contacts avec la droite conservatrice. Pour la tête de liste de Reconquête ! aux élections européennes, c’est une bouffée d’air dans une campagne nationale qui peine à démarrer.

Une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen

Sur certaines thématiques – rejet de l’immigration et de l’écologie, regain de souveraineté dans le fonctionnement de l’Union, conservatisme sociétal, libéralisme économique –, le parti d’extrême droite français et ECR ont une vision commune. Mais sur d’autres, ils sont éloignés. Quand Reconquête ! s’oppose à tout élargissement de l’Union européenne, bataille contre les accords de libre-échange, refuse la perspective d’une défense plus européenne et dénonce le pacte asile et migration, ECR défend les positions inverses. En ces temps de guerre en Ukraine, certaines de ces différences sont cruciales.

Le ralliement de Reconquête ! à ECR n’est en tout cas pas une bonne nouvelle pour Marine Le Pen, pour qui les perspectives d’une union avec Giorgia Meloni s’éloignent, malgré le rapprochement entre les deux femmes ces dernières semaines. On imagine mal, en effet, le RN siéger dans le même groupe que la nièce zemmouriste de Marine Le Pen. La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, qui a pris publiquement ses distances avec l’AfD, et son projet de « remigration » de résidents allemands étrangers ou d’origine étrangère, semble pour l’heure assignée à résidence au sein d’ID.

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