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Financement participatif : la collecte recule pour la première fois, sur fond de crise immobilière

Le graphique de la semaine

Le monde du financement participatif (ou crowdfunding) célébrera, en 2024, les dix ans de l’ordonnance qui, en encadrant le secteur, a contribué à booster son développement dans l’Hexagone. Cette année anniversaire débute mal : les chiffres du dernier baromètre du crowdfunding en France, publiés le 7 février par le cabinet d’audit Mazars et l’association Financement participatif France, font état d’une baisse de la collecte d’environ 11 % en 2023, à 2,1 milliards d’euros.

Si l’on exclut les dons, la collecte 2023 sous forme de prêts (crédits rémunérés, minibons, obligations) et d’investissements (en capital essentiellement, mais aussi en royalties) passe sous la barre de 2 milliards d’euros, à 1,9 milliard, soit 14 % de moins qu’en 2022. C’est la première fois que le secteur, qui a connu une croissance soutenue ces dix dernières années, voit son attractivité diminuer.

Ces résultats étaient attendus : le crowdfunding finance majoritairement des projets immobiliers (de marchands de biens et de promoteurs, surtout), et l’immobilier a traversé une année 2023 difficile.

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« Dans un contexte de contraction du marché immobilier la plus forte depuis dix ans (hausse brutale des taux de crédit et baisse des transactions), le crowdfunding n’échappe pas aux réalités économiques des sous-jacents qu’il finance », notent les auteurs du baromètre. Ils constatent, pour 2023, un recul de 28 % de la collecte immobilière. Si le secteur reste le premier réceptacle de financement participatif, son poids s’amenuise, de 68 % en 2022 à 56 % en 2023.

Les retards s’accumulent

Et le baromètre, qui se base sur les données communiquées par soixante-deux plates-formes de crowdfunding, rapporte une « augmentation notable des indicateurs de risque ».

Rembourser ses investisseurs à temps ou presque est de moins en moins systématique : en 2023, les retards de plus de six mois concernent 20 à 25 % des projets immobiliers, contre 6,61 % en 2021. « La plupart des retards ont été négociés par les plates-formes afin de rééchelonner la dette du porteur de projet et lui permettre, à terme, de rembourser les investisseurs particuliers », précisent les auteurs.

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Immobilier qui pleure, renouvelables qui rient : tandis que la pierre voit sa collecte diminuer, le secteur des énergies renouvelables enregistre une nouvelle progression de sa collecte, de 12 %. Il représente désormais presque 18 % de la collecte globale. « Les opérations portent majoritairement sur des projets d’énergie solaire (79 %) qui devancent largement l’éolien (10 %), le biogaz (7 %) et l’hydroélectricité (1 %) », détaille le baromètre. Les retards de paiement sont ici bien moins courants, ceux de plus de six mois concernant 2 à 4 % des dossiers.

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