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Paris : indignation après que l’ex-candidat du RN a conseillé la « remigration » à une élue écologiste

L’ex-candidat aux élections municipales de Paris en 2020 soutenu par le Rassemblement national, Serge Federbusch, lors d’un débat télévisé, le 10 mars 2020, à Saint-Cloud.

L’élue parisienne Fatoumata Koné, cheffe de file du groupe écologiste, a reçu mercredi 7 février le soutien du Conseil de Paris après qu’un message a été posté sur X par l’ex-candidat aux municipales de 2020 dans la capitale soutenu par le Rassemblement national (RN), Serge Federbusch, qui lui enjoignait de procéder à une « remigration ».

Mardi soir, Mme Koné a dénoncé sur le réseau social l’évacuation par la force d’un campement de jeunes présentés comme des mineurs non accompagnés, installé sous le Pont-Neuf, en plein cœur de la capitale. « Une seule solution, la #Remigration, la tienne comprise », lui a alors répondu Serge Federbusch. Au premier tour des municipales de 2020, il avait recueilli 1,47 % des voix, un seuil insuffisant pour siéger au Conseil de Paris.

Mercredi, au Conseil de Paris, la maire, Anne Hidalgo, a dénoncé un « message tout ce qui a de plus abject, nauséabond ». « Je suis née en 1981, j’ai grandi à Paris et je subis du racisme depuis que je fais de la politique, depuis 2014 », a réagi Fatoumata Koné, émue aux larmes, avant d’ajouter : « Je suis née en France, ce n’est pas un sujet pour moi, mais un sujet pour beaucoup de gens », et de déplorer un « racisme exacerbé par l’actualité politique ». L’élue Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a reçu une ovation des élus du Conseil, de tous bords confondus.

« Ces propos tombent sous le coup de la loi »

Le terme « remigration » employé par M. Federbusch est prôné par les tenants de la théorie raciste et conspirationniste du « grand remplacement ». Il fait écho au scandale qui secoue le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) outre-Rhin. Des cadres du parti allemand d’extrême droite, allié du Rassemblement national au Parlement européen, sont en effet accusés d’avoir participé à une réunion à Potsdam avec des représentants de la mouvance néonazie, où a été discutée la mise en place d’un plan visant à pousser les étrangers et des « citoyens allemands non assimilés » à partir vers l’Afrique du Nord.

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« Ces propos tombent sous le coup de la loi », a estimé le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, qui y voit une attaque « haineuse et odieuse ». Le conseiller Pierre-Yves Bournazel, membre du parti Horizons (majorité présidentielle), a également réagi sur X en disant apporter « tout [s]on soutien républicain à Fatoumata Koné, victime de racisme d’une violence inacceptable ».

Mme Koné a tout de même interpellé le préfet de police de Paris sur l’évacuation en question dans son tweet, en l’accusant d’avoir « détruit un campement de réfugiés avec une violence inouïe ». « Je ne rougis pas de ce que j’ai fait », lui a répondu le préfet, qui a expliqué avoir mis un terme à la « constitution d’un campement précaire ». En rejetant l’accusation de « nettoyage social » en vue des Jeux olympiques, il a argué que le gouvernement avait « augmenté de 30 % l’effort d’hébergement ces cinq dernières années » et permettait l’hébergement de 120 000 personnes chaque soir en Ile-de-France.

Le Monde avec AFP


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