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L’Assurance-maladie ouvre la voie au passage à la consultation chez le médecin généraliste à 30 euros, sous conditions

A la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Bas-Rhin, à Strasbourg, le 25 mai 2020.

Les principaux syndicats de médecins libéraux réclament depuis plusieurs mois une hausse tarifaire. L’Assurance-maladie a ouvert la voie, jeudi 8 février, à la tarification à 30 euros de la consultation des médecins généralistes, tout en exigeant en retour des « évolutions en faveur de l’amélioration de la santé de la population ».

Dans un communiqué, l’Assurance-maladie « confirme qu’elle est prête à financer une revalorisation de la consultation du médecin généraliste à 30 euros et des mesures de revalorisations propres à chacune des spécialités ». Toutefois, celles-ci « ne seront mises en œuvre que si elles s’accompagnent d’autres évolutions en faveur de l’amélioration de la santé de la population » dans les négociations en cours, a ajouté l’Assurance-maladie.

Les six syndicats représentatifs des médecins libéraux se sont réunis jeudi au siège de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) pour négocier les tarifs pour les cinq ans à venir. Ces négociations doivent se poursuivre dans les prochaines semaines, l’Assurance-maladie annonçant une nouvelle séance plénière « dans la première quinzaine de mars ».

Contreparties en échange de la hausse tarifaire

La consultation à 30 euros – contre 26,50 euros depuis novembre 2023 – est la revendication minimale des syndicats en ce qui concerne les généralistes. Le gouvernement et l’Assurance-maladie avaient envoyé des signaux favorables à cette augmentation ces derniers mois, mais n’avaient pas dévoilé leurs cartes.

Leur proposition n’est donc pas sans contreparties. L’Assurance-maladie demande ainsi que les négociations permettent d’aboutir à une « refonte ambitieuse des rémunérations forfaitaires », avec une possibilité de rémunération « intégralement forfaitaire » pour les médecins le souhaitant.

Elle demande également des « améliorations en matière d’accès aux soins », notamment un renforcement des gardes de médecins libéraux « en première partie de nuit ».

Elle souhaite aussi « un programme d’actions très ambitieux sur la qualité et la pertinence des soins », une manière de réclamer plus d’engagement des médecins pour enrayer l’inexorable croissance des dépenses de santé.

L’Assurance-maladie vise particulièrement la consommation de médicaments : la France est le quatrième pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe, derrière la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie, selon des chiffres de Santé publique France.

Les négociations tarifaires avec les médecins avaient échoué l’année dernière. Cet échec avait entraîné l’application d’un tarif provisoire, revalorisant les consultations de base de 1,50 euro, un montant jugé insuffisant par tous les syndicats de médecins alors que les tarifs n’avaient pas bougé depuis 2017.

Le Monde avec AFP

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