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Le psychanalyste Gérard Miller accusé par dix-huit femmes de viols et d’agressions sexuelles

Gérard Miller au 71ᵉ Festival de Cannes, dimanche 13 mai 2018.

Les témoignages s’accumulent contre le psychanalyste Gérard Miller. Plus d’une semaine après un premier article où trois femmes accusaient M. Miller d’agressions sexuelles et d’un viol, le magazine Elle publie une nouvelle enquête, jeudi 8 février, avec le témoignage de quarante et une femmes. Dix-huit d’entre elles « évoquent des faits de viols et d’agressions sexuelles qui seraient survenus entre 1993 et 2020, les autres des tentatives », explique l’hebdomadaire.

En parallèle de ces deux articles d’Elle, Mediapart a aussi publié une enquête mardi où dix femmes, dont trois mineures, accusent celui qui est aussi chroniqueur télé « de les avoir agressées sexuellement ou d’avoir eu un comportement inapproprié avec elles, entre 1995 et 2016 ».

Dans un long message sur son compte X, mercredi soir après avoir été contacté par les journalistes d’Elle, M. Miller estime que ces témoignages « amalgam[ent] sous les mêmes qualifications infamantes de multiples faits pourtant parfaitement distincts ».

Il reconnaît néanmoins, que « compte tenu de [son] statut d’“homme de pouvoir” », il ait pu « parfois y avoir entre des femmes plus jeunes et [lui] » une « dissymétrie qui me semblerait à présent rédhibitoire ». « J’ai d’emblée précisé m’être toujours assuré du consentement des femmes que j’ai pu fréquenter et récusé de la façon la plus catégorique qui soit toute agression sexuelle et, à plus forte raison, tout viol », a-t-il écrit.

Dans son enquête parue jeudi, Elle explique que « le mode opératoire » supposé de M. Miller « se répète d’un témoignage à l’autre ». « A la grande majorité d’entre elles, le psychanalyste aurait proposé un rendez-vous à son domicile parisien, assorti, le plus souvent, d’une séance d’hypnose qui, selon leurs récits, dérape. Plus grave, certaines étaient même mineures à l’époque des faits qu’elles rapportent », raconte le magazine.

« A partir de là, c’est le trou noir »

Elle publie entre autres le témoignage de Charlotte, qui avait 15 ans en 2001 à l’époque des faits. Alors qu’elle fait partie du public de l’émission « On a tout essayé », diffusée alors sur France 2 et où M. Miller officie comme chroniqueur, ce dernier l’aborde dans le public. Il lui propose des places pour un spectacle, puis l’invite à déjeuner quelques jours plus tard. Une fois qu’elle est arrivée chez lui, il lui aurait proposé un thé glacé.

« A partir de là, c’est le trou noir, se souvient-elle auprès de l’hebdomadaire. Quand je me réveille, je suis allongée dans un lit à l’étage, sur le ventre, en culotte, le pantalon baissé sur mes chevilles. Il me masse le dos, les fesses, et aussi les seins en passant ses mains sur mon torse. Je suis dans le gaz, j’ai très peur, il me dit : “Détends-toi, tu es hyper crispée.”. » Charlotte affirme avoir déposé une préplainte en ligne, « bien que les faits soient prescrits », précise Elle.

Agée de 16 ans, Ariane (le prénom a été changé) a écrit à l’automne 2001 une lettre à M. Miller pour organiser une interview à paraître dans le journal de son lycée. Le psychanalyste accepte et l’invite à venir chez lui. Après s’y être rendue plusieurs fois avec des amis, elle est conviée un jour à un brunch avec Laurent Ruquier, animateur notamment d’« On a tout essayé » – ce dernier affirme à Elle ne pas s’en souvenir.

« Après le déjeuner, il l’aurait ramenée chez lui. Elle n’a pas le souvenir d’avoir été hypnotisée, mais ne parvient pas non plus à comprendre comment elle s’est retrouvée allongée… avec le psychanalyste sur elle », raconte le magazine. Ariane affirme que M. Miller lui aurait imposé une fellation et qu’elle ne sait pas comment elle est rentrée chez elle. Elle s’apprête à déposer une plainte pour viol, a-t-elle assuré à Elle.

Le Monde


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