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Taxis volants : avis défavorable pour un « vertiport » à la gare d’Austerlitz, à Paris

Modèle de taxi volant (eVTOL), développé par la compagnie brésilienne Eve Air Mobility, au salon du Bourget, le 20 juin 2023.

Le ciel s’assombrit pour les taxis volants. Le commissaire chargé de mener une enquête publique sur les futurs « eVTOL » (pour « electric vertical take-off and landing »), qui devaient être l’une des démonstrations du savoir-faire français pendant les Jeux olympiques (JO) de Paris, a rendu un avis défavorable à leur propos, comme l’a révélé Le Parisien du 8 février.

Ce n’est pas la première fois que les taxis volants, des engins au look à mi-chemin entre le gros insecte et l’hélicoptère, sont pointés du doigt. En septembre 2023, déjà, l’Autorité environnementale avait rendu un avis défavorable sur l’une des trois lignes qui devaient être exploitées le temps des JO. A l’époque, l’instance indépendante avait demandé au Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens d’Orly, Roissy, du Bourget, et opérateur des taxis volants, de revoir sa copie. Pour expliquer son refus, l’Autorité environnementale avait estimé « incomplète » l’étude d’impact du vertiport parisien, qui devait être édifié sur une barge flottant sur la Seine à la hauteur de la gare d’Austerlitz. Elle avait jugé les eVTOL trop bruyants et pas assez sobres.

Dans son rapport, bouclé le 2 février, le commissaire enquêteur pointe plus précisément le projet de mise en place d’une barge sur la Seine pour faire décoller et atterrir les taxis volants. L’objectif poursuivi par Groupe ADP est de tester le potentiel commercial des eVTOL et d’aboutir à leur certification. Dans le même temps, et en partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le gestionnaire d’aéroports veut aussi éprouver l’intérêt de vols sanitaires pour remplacer ceux en hélicoptères ou bien des trajets en ambulances.

Un seul passager

A en croire le commissaire enquêteur, ce futur vertiport ne serait pas justifié. Il « considère que les gains potentiellement apportés par le projet ne justifient pas les inconvénients qui seront supportés pendant l’expérimentation ». Dans son rapport, il admet néanmoins que le projet de vols sanitaires « présente un intérêt indéniable » en réduisant notamment les nuisances sonores et la consommation de carburant des hélicoptères et des ambulances.

En revanche, les vols commerciaux ne trouvent guère grâce à ses yeux. Selon lui, ils ne participeront pas à une « décongestion du trafic » et n’offriront pas non plus « d’alternatives aux modes actuels » de transport. Il est vrai que les futurs taxis volants ne transporteront qu’un seul passager à la fois, en plus du pilote. Le rapport pointe aussi des « risques sécuritaires », même s’il n’est pas prévu que les engins survolent des habitations. La ligne qui partirait de l’héliport d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) emprunterait le trajet du périphérique, comme aujourd’hui les hélicoptères, avant de rentrer dans Paris intra muros, mais uniquement en survolant la Seine.

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