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Attaque d’une conférence propalestinienne à Lyon : sept membres de l’ultradroite locale mis en examen

Près de trois mois après une attaque contre un local associatif du Vieux Lyon où se déroulait une conférence sur Gaza, sept membres présumés de l’ultradroite lyonnaise ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs », a annoncé le parquet dans un communiqué, vendredi 9 février. Cinq ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire et deux écroués à l’issue d’une audience devant un juge des libertés et de la détention. Un autre suspect a été remis en liberté mercredi.

Tous se voient reprocher d’avoir participé, le 11 novembre, à des actes d’intimidation et de violences lors d’une conférence organisée par le collectif Palestine 69. L’attaque, qui avait fait sept blessés, dont trois graves, avait été revendiquée sur une boucle Telegram par le Guignol Squad, groupe informel d’ultradroite coutumier d’actions violentes à Lyon.

Des élus de plusieurs partis avaient demandé au gouvernement la dissolution d’un groupuscule d’extrême droite lyonnais. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait assuré à l’époque que « d’importants moyens [étaient] mobilisés pour interpeller les auteurs » de ce coup de force. « Nous en tirerons les conséquences pour les structures incriminées », avait-il écrit sur le réseau social X.

Les sept hommes sont également poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations » et, pour trois d’entre eux, pour « port d’armes », a précisé le parquet dans un court communiqué.

Des figures connues de l’ultradroite lyonnaise

Originaires de Lyon et des alentours, ils avaient été interpellés mardi matin par des agents de la police judiciaire appuyés par la sous-direction antiterroriste (SDAT). Les sept hommes ont été présentés aux magistrats instructeurs jeudi et vendredi.

Deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, sont des figures connues de l’ultradroite lyonnaise et ont milité au sein du groupe nationaliste Bastion social jusqu’à sa dissolution en 2019. L’un d’eux, Eliot Bertin, avait ensuite participé à la fondation de Lyon populaire, dont il était devenu l’un des acteurs majeurs. L’autre, Tristan Conchon, avait été condamné à six mois de prison avec sursis en octobre 2022 pour des violences sur des militants d’ultragauche.

A l’audience, le parquet a requis leur maintien en détention, mettant en avant le risque de « concertation » entre individus qui revendiquent la même « idéologie ».

A Lyon, la mouvance identitaire a perdu plusieurs de ses leaders cette semaine : outre Eliot Bertin et Tristan Conchon, l’ancien porte-parole des Remparts, Sishina Milinov, a été condamné mardi à six mois de prison ferme pour une agression à caractère raciste commise la semaine dernière à la sortie d’un bar.

Lire aussi notre décryptage : Article réservé à nos abonnés La hausse de la menace d’ultradroite décryptée par les services de renseignement

Le Monde avec AFP

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