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Fin de vie : Macron poursuit ses échanges avec les autorités religieuses

Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée, à Paris, le 5 février 2024.

Artichauts de Bretagne et vol-au-vent de volaille étaient au menu du dîner à l’Elysée, jeudi 8 février. A la table d’Emmanuel Macron étaient conviés une nouvelle fois les représentants des cultes pour échanger sur le sujet de la fin de vie. Le précédent dîner avec les autorités religieuses remonte au 9 mars 2023. Depuis, le chef de l’Etat s’est fixé un cap : dévoiler dans les prochaines semaines les « contours » d’une loi qui autoriserait l’accès à l’aide à mourir (suicide assisté et euthanasie). Il a prévu de présenter auparavant un « plan décennal pour le développement des soins palliatifs ».

Jeudi, le chef de l’Etat a confirmé ce scénario aux représentants religieux ainsi qu’aux autres personnalités conviées : Jean-François Delfraissy, président du comité consultatif national d’éthique (CCNE) , Alain Claeys, corapporteur de l’avis rendu par le CCNE sur la fin de vie en septembre 2022, deux médecins et deux membres de la convention citoyenne sur la fin de vie. Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé et des solidarités, assistait également au dîner.

Sur les modalités précises de l’aide à mourir, Emmanuel Macron s’est toutefois montré peu explicite, voire sibyllin. Est-ce pour ménager les cultes, majoritairement opposés à l’euthanasie et au suicide assisté ou doute-t-il lui-même encore du dispositif prévu par la future loi ? « Il me semble que le président Macron s’interroge vraiment, analysait Mgr Rougé, évêque de Nanterre, avant de se rendre à l’invitation du chef de l’Etat. Comment ne pas être sensible à ce que disent beaucoup de soignants, de médecins voire de quelques grandes autorités intellectuelles et spirituelles qui ne lui sont pas indifférentes ? C’est l’honneur des politiques d’avoir la main qui tremble sur des sujets si lourds et si sensibles. »

« La parole était libre »

Emmanuel Macron a d’abord laissé, jeudi, chacun de ses convives s’exprimer. « La qualité de l’écoute était exceptionnelle », se félicitait à l’issue Antony Boussemart, coprésident de l’Union bouddhiste de France. « On a échangé sur le fond dans un contexte très respectueux », appréciait le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France. « L’atmosphère était pleine de gravité et d’écoute », abonde Mgr Matthieu Rougé. « La parole était libre », ajoute l’un des médecins présents.

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Puis le chef de l’Etat a livré une réflexion plus éthique et philosophique que pratique. A propos de l’ouverture de l’aide à mourir, « [s]on espoir est de parvenir à proposer un espace qui ne soit ni une liberté ni un droit, mais un possible qui serait un moindre mal », rapporte Antony Boussemart. Aux yeux de Macron, « la question est là, il faut y répondre. L’état du droit n’y parvient pas complètement aujourd’hui. Dont acte ».

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