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« Il est urgent d’agir pour sauver les derniers producteurs européens de panneaux solaires »

Les responsables de l’un des deux derniers producteurs de panneaux solaires en France, Systovi, ont alerté les pouvoirs publics au sujet de la situation extrêmement préoccupante de la filière photovoltaïque nationale. Les stocks s’accumulent désespérément dans leur usine de Carquefou (Loire-Atlantique).

Faute de nouvelles commandes, l’entreprise a été contrainte de supprimer l’équipe de nuit, plongeant des centaines de salariés dans l’inquiétude pour leur avenir professionnel et celui de la filière.

La situation de Systovi n’est pas un cas isolé puisque l’ensemble des entreprises européennes du secteur sont en péril. Ainsi le dernier producteur de panneaux solaires allemand, Meyer Burger, vient d’annoncer la délocalisation de sa production aux Etats-Unis, tandis que cinq autres producteurs européens, notamment en Autriche et aux Pays-Bas, ferment définitivement leurs portes.

Une guerre commerciale

Au-delà des emplois, c’est un savoir-faire d’exception, essentiel à la transition énergétique que nous risquons de perdre. Si nous ne faisons rien dans les six semaines, ce sont plus de deux mille emplois qui pourraient disparaître, et avec eux, notre souveraineté énergétique et industrielle.

Comment expliquer une telle situation alors que la demande européenne en panneaux solaires grandit chaque jour et que l’Europe s’est fixé des objectifs très ambitieux de développement des énergies renouvelables qui devraient assurer aux producteurs des carnets de commandes remplis pour de nombreuses années ?

Le libre-échange est responsable de cette hécatombe. La Chine a décidé de livrer une guerre commerciale à ses concurrents, en vendant des panneaux solaires au-dessous même de leur coût de production grâce à des subventions massives.

Alors que l’Union européenne est restée passive, les Etats-Unis ont, à juste titre, mis en place des barrières douanières empêchant l’entrée sur leur marché des panneaux solaires chinois. Une mesure que le président Biden a couplée d’un plan massif de subventionnement de son industrie, l’Inflation Reduction Act (IRA), pour relancer la filière locale et ne plus dépendre des productions étrangères.

Naïveté

La Chine a donc reporté sa production sur l’Europe qui, du fait de la naïveté des dirigeants européens, reste quant à elle ouverte aux échanges, entraînant une crise sans précédent pour la filière.

Avant 2023, les panneaux solaires chinois coûtaient déjà deux fois moins chers que la production made in France, mais les producteurs nationaux restaient compétitifs au vu de la qualité de leur production et de la préférence nationale de certains acheteurs.

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