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Dans la Flandre belge, les agriculteurs ont repris leurs blocages

Manifestation d’agriculteurs près du port d’Anvers, le 13 février 2024.

La colère des paysans n’est pas totalement apaisée en Belgique, même si des contacts entre les syndicats agricoles et le secteur de la grande distribution ont, après de nouveaux blocages de centres de distribution, abouti à quelques accords au cours des derniers jours. Le prix de la viande payé aux éleveurs connaîtra une légère augmentation et une discussion sur le rachat de terres agricoles par de grandes enseignes va se poursuivre.

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La situation était calme en Wallonie, mardi 13 février, mais, en Flandre, des centaines d’agriculteurs flamands ont organisé des blocages en divers endroits, et notamment sur des axes menant au port d’Anvers-Bruges, le poumon économique de la région. Dans un communiqué, l’un des syndicats organisateurs, l’Algemeen Boerensyndicaat, a déploré « l’absence de résultats concrets » lors des négociations avec le monde politique et « des promesses sur le long terme, formulées par de groupes de travail qui, après coup, s’avèrent être de simples lieux de papotage ».

Les manifestants répétaient leur opposition à « la surabondance de règles », nationales et européennes, aux importations de produits non européens et aux avantages accordés, selon eux, aux secteurs des ports et de l’industrie alors que l’emploi dans l’agriculture serait négligé. Une partie des agriculteurs, débordant leurs organisations traditionnelles, continue par ailleurs de s’opposer aux mesures régionales visant à limiter les émissions d’azote.

« Tout ou rien »

Une négociation entre les trois principaux syndicats agricoles et le gouvernement régional n’a pas abouti, lundi 12 février au soir. Elle est censée reprendre jeudi 15 février après-midi. Jan Jambon, le ministre-président de la région flamande, a annulé un voyage à Barcelone pour mener à bien un « travail technique » susceptible, d’après lui, de permettre la conclusion d’un accord. « Jeudi, ce sera tout ou rien », ont prévenu les syndicats.

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M. Jambon, membre du parti nationaliste du Nieuw-Vlaamse Alliantie, avait estimé que personne n’avait intérêt à voir le port d’Anvers-Bruges bloqué, et il avait aussi appelé, en vain, à « la responsabilité de chacun ». Son parti est engagé dans une lutte à couteaux tirés avec le Vlaams Belang, le parti d’extrême droite, qui a récupéré en bonne partie le mouvement de protestation. Et, au sein de sa coalition, les chrétiens-démocrates, défenseurs traditionnels des paysans, exigent des mesures plus favorables que celles envisagées à ce stade.

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