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L’activité de greffes en légère hausse en 2023, sans retrouver le niveau d’avant la pandémie

Deux chirurgiens préparent les poumons d’un patient décédé avant leur transplantation, dans une salle d’opération de l’hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine), le 9 décembre 2022.

Après une baisse liée à la pandémie de Covid-19, l’activité de greffes d’organes a légèrement progressé en France, de 2,5 %, en 2023 par rapport à 2022 avec 5 634 greffes réalisées, selon les chiffres de l’Agence de la biomédecine (ABM) publiés mardi 13 février. Plus de la moitié (3 525) sont des greffes de rein, en progression de 5 % par rapport à 2022, dont 557 à partir de donneurs vivants. Ces chiffres restent toutefois au-dessous du niveau d’avant la crise sanitaire, en 2019 (5 901 greffes au total).

Par ailleurs, le nombre de donneurs prélevés de tissus (cornée, artères, peau, os…) a atteint 6 948 en 2023 contre 6 226 en 2022, soit une hausse de 11,5 % de l’activité, selon les données de l’ABM.

Point préoccupant : le taux d’opposition au don d’organe pour les patients décédés en mort encéphalique montre « une hausse significative », selon l’ABM, de 9,4 % par rapport à l’année précédente : il est passé de 30 % en 2019 à 36,1 % en 2023. C’est très disparate selon les régions. Il est particulièrement élevé dans les zones urbaines, il atteint 48,6 % en Ile-de-France et dépasse les 50 % dans les DROM, tandis qu’il est inférieur à 25 % en Bretagne, en Pays de la Loire ou encore en Corse. Or, 21 866 patients sont en attente de greffe d’organes au 1er janvier 2024.

« Sauver quatre ou cinq vies juste avec un mot »

Pourtant, « si 80 % des Français sont favorables au don de leurs propres organes après leur mort, alors le taux d’opposition devrait plafonner à 20 %, et non pas à 36 % », explique David Heard, directeur de la communication et des relations avec les publics de l’ABM. « Les Français sont trop peu nombreux à avoir fait part de leur position à leurs proches, qui, faute de connaître la volonté du défunt, préfèrent rapporter une opposition », poursuit-il, rappelant que c’est une occasion de « sauver quatre ou cinq vies juste avec un mot ».

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Le défi est de « continuer d’augmenter les activités de prélèvement et de greffe pour répondre aux besoins croissants des patients sur liste d’attente, alors même que le secteur hospitalier traverse des difficultés majeures », souligne l’ABM. Ainsi, cette activité doit « rester une priorité nationale pour tous les acteurs du soin », de même que le développement de « la greffe rénale avec donneurs vivants », comme le mentionne d’ailleurs le plan Greffe (2022-2026).

En revanche, l’association de patients atteints de maladies rénales Renaloo a souligné, dans un communiqué publié mardi 13 février, « une activité de greffes de donneurs vivants fragilisée, qui repose sur l’engagement d’un faible nombre d’équipes ».

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