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Retraites : l’an I de la réforme

Entrée en vigueur en septembre 2023, la réforme des retraites a relevé de deux ans l’âge auquel il est possible de demander le versement de sa pension : il est passé de 62 ans à 64 ans pour les assurés nés à compter de 1968. Pour ceux qui sont proches du départ, ce relèvement se fait de manière progressive à raison de trois trimestres supplémentaires par génération : 62 ans et 3 mois pour les assurés nés entre le 1er septembre et le 31 décembre 1961 ; 62 ans et demi pour ceux nés en 1962, 62 ans et 9 mois pour ceux nés en 1963, 63 ans pour la génération 1964, etc.

Ce relèvement de l’âge de la retraite s’applique de la même manière dans tous les régimes de base et dans la plupart des régimes complémentaires dont les règles sont calquées sur celles qui prévalent dans le régime de base auquel ils sont rattachés. Pour les fonctionnaires et agents de certains régimes spéciaux en « catégorie active », qui pouvaient jusqu’à présent partir à la retraite dès 52 ans ou 57 ans, selon le métier exercé, l’âge minimal est également progressivement relevé de deux ans ; il passe à 54 ans pour la génération née en 1978 et à 59 ans pour celle née en 1973.

Parallèlement, la réforme accélère le calendrier prévoyant l’augmentation de la durée d’assurance requise pour obtenir une retraite à taux plein avant 67 ans. La précédente réforme avait déjà prévu une augmentation progressive de cette durée pour la porter à cent soixante-douze trimestres pour les assurés nés en 1973.

Cet objectif de cent soixante-douze trimestres n’est pas modifié, mais il s’applique désormais dès la génération 1965. Concrètement, cela signifie qu’un assuré né en 1965 qui pouvait partir à la retraite à 62 ans avant la réforme devra attendre 63 ans et 3 mois pour demander sa retraite et avoir validé cent soixante-douze trimestres au lieu de cent soixante-neuf s’il veut bénéficier du taux plein.

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En revanche, la réforme ne touche pas à l’âge du taux plein « automatique ». Il reste fixé à 67 ans. Autrement dit, avant comme après la réforme, il est toujours possible d’obtenir sa retraite sans décote à partir de 67 ans, quelle que soit sa durée d’assurance. L’objectif de cette mesure est de ne pas pénaliser les assurés qui n’ont pas eu une carrière complète, notamment de nombreuses femmes qui, en raison d’une carrière heurtée, attendent généralement d’avoir l’âge du taux plein pour demander le versement de leur retraite.

Cependant, compte tenu de l’allongement de la durée d’assurance, même si elles pourront toujours prétendre à une retraite à taux plein à 67 ans, le montant de leur allocation sera inférieur à ce qu’elles auraient pu obtenir en l’absence de réforme. Par exemple, pour une assurée née en 1968, une augmentation de la durée d’assurance de cent soixante-neuf à cent soixante-douze trimestres entraîne mécaniquement une diminution de sa pension de 1,75 % si elle part avec cent soixante-neuf trimestres au lieu de cent soixante-douze.

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