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Colère des agriculteurs : manifestations et blocages dans plusieurs villes de France

Des tracteurs portant des banderoles « Pas de pays sans paysans » et « L’agriculture, petit on en rêve, grand on en crève » sont garés devant le château de Chambord, dans le Loir-et-Cher, le 15 février 2024.

« On ne fera pas retomber la pression aussi longtemps que les engagements [pris par le gouvernement] ne seront pas tenus », a prévenu, jeudi 15 février, sur RTL le président du syndical agricole majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau, à neuf jours du Salon de l’agriculture. « Parfois, il peut y avoir des déclarations ou des grandes phrases. Ce qu’on veut nous, c’est que ça se concrétise (…) dans nos fermes », a-t-il ajouté.

Après la fronde d’agriculteurs partout en France en janvier, le gouvernement s’était engagé, pour les apaiser, à des mesures allant du versement d’aides d’urgence à des décrets de simplification en passant par une loi agricole et des changements à Bruxelles.

Malgré les engagements gouvernementaux, de nombreuses mobilisations ont eu lieu dans toute la France, jeudi. A Poitiers, à l’appel de la Coordination rurale, des manifestants en tracteurs se sont retrouvés sur deux points de rassemblements. Selon le mouvement indépendant d’agriculteurs Résistance paysanne et le quotidien régional Centre Presse, les deux convois rejoindront, ce soir, la préfecture.

Blocage des préfectures

A Montauban, les agriculteurs ont également prévu d’installer un campement devant la préfecture pour « une durée indéterminée ». Ils sont une centaine à s’être mobilisés en direction du centre-ville. D’après les informations de La Dépêche du Midi, l’entrée principale de la direction départementale des territoires a été recouverte de planches, de bâches agricoles et même de fumier. Une délégation d’agriculteurs a été reçue par le préfet de Tarn-et-Garonne, a ajouté BFM-TV.

A Chartres, une soixantaine de paysans bloquent actuellement la préfecture d’Eure-et-Loir, rapporte L’Echo Républicain. Syndicats et non-syndiqués espèrent une chose : être reçus par le préfet pour « demander des comptes sur l’avancée de la mise en place des promesses gouvernementales ».

Devant l’usine Lactalis, près de Bayeux, dans le Calvados, une vingtaine d’agriculteurs étaient mobilisés pour dénoncer la vente de produits non fabriqués en France et qui ne rémunèrent pas correctement les producteurs, a précisé Ouest-France.

Une centaine d’agriculteurs ont occupé une partie des jardins du domaine national de Chambord (Loir-et-Cher), à l’appel de la Coordination rurale locale, selon l’Agence France-Presse (AFP). Arrivés en fin de matinée sur un peu plus de soixante tracteurs, les agriculteurs ont rangé leurs engins à une centaine de mètres du château, avant de déployer des banderoles revendicatives.

Les agriculteurs présents ont également réclamé, en vain, un déplacement du ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, lui-même élu du département. Le préfet du Loir-et-Cher s’est déplacé pour entendre leurs revendications, dont celles sur la simplification administrative et les problèmes de revenus rencontrés par les exploitants, a constaté l’AFP. Depuis la levée des blocages, les agriculteurs maintiennent la pression sur le gouvernement et menacent de mener de nouvelles actions.

Manifestations en Italie et en Espagne jeudi

Ailleurs en Europe, plus d’un millier d’agriculteurs ont de nouveau manifesté jeudi à Rome, en conduisant des tracteurs sur un grand stade antique de la ville, le Circus Maximus, dans le cadre d’une mobilisation qui dure depuis plusieurs semaines en Europe. Parallèlement, un petit groupe s’est rassemblé au Palazzo Chigi, siège du gouvernement de Giorgia Meloni, tandis qu’une délégation s’était rendue jeudi matin au siège de la Commission européenne à Rome pour remettre une lettre de revendications.

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Depuis le début de janvier, en Italie, des agriculteurs manifestent de la Sicile jusqu’au nord du pays contre la baisse de leurs revenus et la hausse de leurs coûts de production, même si l’ampleur du mouvement n’a pas atteint le niveau des rassemblements en France, en Allemagne ou en Belgique. Ils s’opposent surtout au prix du carburant agricole et au Pacte vert de l’Union européenne – censé atténuer les conséquences du réchauffement climatique –, qui, selon eux, nuisent à leur métier.

En Espagne, une quinzaine de tracteurs sont restés stationnés environ deux heures jeudi devant le ministère de l’agriculture, en plein cœur de Madrid, avant une réunion avec le ministre Luis Planas pour protester contre la crise du secteur. Le ministre a reçu les trois principaux syndicats d’agriculteurs et d’éleveurs (Asaja, COAG et UPA), au lendemain d’une réunion avec les différents représentants du secteur alimentaire.

A l’issue de cette rencontre, le ministre a annoncé un paquet de mesures répondant selon lui « aux trois » revendications du secteur. Il a ainsi expliqué qu’il plaiderait « le 26 à Bruxelles » pour une « simplification de la PAC », la politique agricole commune, et qu’il défendrait aussi bien auprès de l’UE qu’auprès de l’Organisation mondiale du commerce « le principe de réciprocité dans l’utilisation des produits phytosanitaires dans la production alimentaire », les fameuses clauses miroirs, un mécanisme qui impose aux produits importés de respecter les mêmes règles que celles imposées aux agriculteurs européens.

Il a également annoncé « la création d’une agence nationale d’information et de contrôle des aliments », afin d’éviter que les agriculteurs se voient obligés de vendre leur production à prix cassé. Les syndicats ont qualifié la réunion de positive, mais ont exclu pour l’instant un accord définitif et ont annoncé qu’ils poursuivraient leurs protestations.

Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnés Partout en Europe, la colère des agriculteurs gagne du terrain

Le Monde avec AFP

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