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Parlement : les questions au gouvernement pourraient devenir des « questions au premier ministre »

Gabriel Attal (au centre), lors d’une séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 13 février 2024.

A l’Assemblée nationale, la scène se répète chaque mardi, et désormais chaque mercredi après-midi. Des bancs clairsemés, ministres et députés les yeux rivés sur leurs téléphones, écoutant à peine les critiques assassines des membres de l’opposition à l’endroit de l’exécutif comme les questions téléguidées des élus du camp présidentiel transmises à l’avance aux ministres en mal d’actualité… Les séances de questions au gouvernement (QAG) finissent par lasser leurs acteurs.

Un sujet de préoccupation pour la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui avait évoqué lors d’un tête-à-tête avec le premier ministre, Gabriel Attal, l’idée que ce dernier puisse répondre seul aux questions des députés, pour tenter de remédier au désintérêt pour les QAG, diffusées notamment en direct sur La Chaîne parlementaire.

Jeudi, c’est par une information de Franceinfo que la présidence de l’Assemblée nationale a appris que le locataire de Matignon se disait favorable à l’idée de se soumettre à cet exercice inédit, inspiré de la séance de questions orales au Parlement britannique qui se tient tous les mercredis et dans laquelle le premier ministre répond durant une heure aux députés de la Chambre des communes.  « Ma nature, c’est plutôt de répondre quand on m’interpelle. Je ne suis pas du genre à me planquer derrière mes ministres », a lancé jeudi, M. Attal en déplacement dans la Marne, pour y rencontrer des agriculteurs.

Cette initiative vise d’abord pour le premier ministre à tirer profit du temps passé sur les bancs de l’Hémicycle, alors que sa présence au Parlement se résume pour le moment à ces trois heures trente hebdomadaires de questions d’actualité à l’Assemblée puis au Sénat. Or, en majorité relative, ce temps incompressible passé notamment sur les bancs de l’Hémicycle du Palais-Bourbon tend à s’allonger pour le chef de gouvernement.

A tel point que cet agenda contraint avait fini par être une sérieuse entrave à l’action de sa prédécesseure, Elisabeth Borne, constamment sous le feu des oppositions, entre les séances de deux heures consacrées à chacune des trente et une motions de censure repoussées à l’Assemblée – un record – et les vingt-trois recours au 49.3 annoncés à la tribune de l’Assemblée. Mme Borne avait d’ailleurs refusé à l’automne de se prêter à cet exercice solitaire des questions d’actualité, le mercredi.

« Un risque d’usure »

Dans un Hémicycle morcelé en dix groupes, « certaines séances tournent déjà à la séance de questions au premier ministre », relève l’ancien président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, alors que la tradition parlementaire veut que le premier ministre réponde seulement aux questions posées par les présidents de groupe.

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