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Alexeï Navalny meurt en emmenant avec lui « les derniers espoirs » d’une Russie libre

La police moscovite monte la garde devant le mémorial dédié aux victimes des répressions soviétiques, alors que des passants viennent y rendre hommage à Alexeï Navalny, à Moscou, le 16 février 2024.

La montagne d’œillets déposés sur la pierre des Solovki, le mémorial dédié aux victimes des répressions soviétiques, à Moscou, n’a pas tenu plus de quelques heures. Dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 février, des hommes armés de sacs-poubelles ont fait place nette, balayant les centaines de fleurs portées dans la soirée par des anonymes, en hommage à l’opposant Alexeï Navalny, mort en prison au-delà du cercle polaire.

Lire la nécrologie | Article réservé à nos abonnés Alexeï Navalny, de l’engagement au sacrifice

Un peu plus tard, les mêmes hommes ont été aperçus remplissant de nouveaux sacs-poubelles sur le pont Bolchoï Moskvoretski, face au Kremlin. Là où l’opposant Boris Nemtsov a été assassiné, le 27 février 2015 ; là où des citoyens russes continuent régulièrement de poser fleurs et bougies.

Une nouvelle fois, dans la Russie contemporaine, un opposant politique de premier plan paie de sa vie ses activités. Boris Nemtsov est mort assassiné à 55 ans, tué de quatre balles dans le dos. Alexeï Navalny, son héritier et ami, est mort à 47 ans dans le secret d’une prison russe. La filiation s’écrit jusque dans le traitement post-mortem qui leur est réservé – un souvenir déplaisant qu’il convient de balayer.

Le décès d’Alexeï Navalny a été annoncé à la mi-journée, vendredi, par l’administration pénitentiaire du district autonome d’Iamalo-Nenets, où le détenu avait été transféré au cours du mois de décembre 2023 : « Le 16 février 2024, dans le centre pénitentiaire numéro 3, le prisonnier Navalny A. s’est senti mal après une promenade et a presque immédiatement perdu connaissance. »

Déjà, les médias officiels russes, dont RT, livraient un premier diagnostic obtenu de sources officielles anonymes, celui d’une embolie. Selon l’administration de la prison, l’équipe de soignants immédiatement dépêchée sur place aurait échoué à le réanimer.

« Il n’est pas mort, il a été tué », corrigeait la pancarte brandie par une manifestante à Belgrade, en Serbie, l’une des nombreuses villes dans le monde où des manifestants, Russes pour la plupart, sont sortis dans la rue dire leur émotion.

Un diagnostic passe-partout

Saura-t-on un jour ce qui est arrivé à Alexeï Navalny ? La veille de sa mort, il apparaissait encore en bonne forme, capable même de plaisanter, lors d’une audience judiciaire menée par vidéoconférence, dans une procédure l’opposant à son ancienne colonie.

Alors que les premiers mois d’incarcération avaient été difficiles, et que l’homme portait encore les séquelles de l’empoisonnement à un agent innervant qu’il avait subi en août 2020, il ne se plaignait pas, ces dernières semaines, de douleurs particulières. Le 12 février, ses parents avaient même pu le voir – c’était le premier droit de visite qui leur était accordé depuis son incarcération en janvier 2021. Ils l’avaient trouvé « solide ». Samedi, ils n’avaient reçu aucune nouvelle information, ni aucune indication, quant à une éventuelle remise du corps de leur fils.

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