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La Belgique prise en étau par les règles budgétaires européennes

La situation est paradoxale : c’est sous l’égide du ministre belge des finances, Vincent Van Peteghem, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union européenne, qu’a été conclu, dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 février, un accord européen qui sera particulièrement douloureux pour le royaume. En effet, la réforme du pacte de stabilité et de croissance adoptée par les Vingt-Sept devrait obliger le pays à réduire fortement son train de vie au cours des prochaines années. Il est l’un des plus endettés de la zone euro.

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L’accord européen, qui conserve les critères de Maastricht (déficit public limité à 3 % du produit intérieur brut et dette à 60 %) tout en y ajoutant une dose de flexibilité censée favoriser la croissance et des investissements dans la transition « verte », signifie que la Belgique devra épargner 37 milliards d’euros d’ici à 2031, même si elle procède à des réformes et à des financements jugés porteurs pour l’avenir. Ce sera, en tout état de cause, une cure d’austérité inédite depuis celle qui avait été appliquée dans les années 1990, afin de permettre au pays d’intégrer la monnaie unique.

Déjà mis en garde par la Commission européenne – qui l’a invité à « ajuster » son budget pour 2024 –, le Fonds monétaire international (qui lui conseille de réduire ses dépenses pour assurer sa viabilité budgétaire et sa stabilité financière), mais aussi par la Banque nationale de Belgique, le Conseil central de l’économie et le Bureau fédéral du plan, le gouvernement du libéral Alexander De Croo n’est pas parvenu à contenir le déficit budgétaire. Celui-ci s’est élevé à 4,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, la pire performance de la zone euro, hormis celle de la Slovaquie.

Pression de la droite nationaliste flamande

Seule consolation pour la secrétaire d’Etat au budget, Alexia Bertrand : les prévisionnistes avaient tablé sur 5,2 %. La coalition, qui rassemble quatre courants politiques et dont fait partie cette responsable libérale, souhaitait réduire ce déficit de 1,2 % en quatre ans. Mais c’est une diminution quatre fois plus rapide qui sera, cette fois, exigée des dirigeants belges.

L’endettement public a, lui, dépassé 105 % de la richesse nationale et, sans mesures correctives, atteindra plus de 107 % en 2025. Le pays est donc très loin de satisfaire aux critères de Maastricht. Même rendus plus « flexibles » par la prise en compte des investissements d’avenir, ils obligeront des Etats comme la Belgique à se serrer la ceinture.

Problème : le pays se rend aux urnes en juin dans le cadre d’élections européennes, fédérales et régionales, et les sept partis qui composent la coalition de M. De Croo ne seront pas enclins à prendre, d’ici là, des décisions impopulaires, alors que 3,9 milliards d’euros d’économies au moins devraient déjà être trouvés. Après les élections, il est vraisemblable que les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral durent très longtemps : les sondages annoncent une forte progression de l’extrême droite en Flandre, et de la gauche radicale en Wallonie et à Bruxelles.

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