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L’inquiétude grandit pour le grand hôpital occupé par Israël dans la bande de Gaza

Une femme se repose à côté d’un bâtiment endommagé, alors que les Palestiniens arrivent à Rafah après avoir été évacués de l’hôpital Nasser à Khan Younès, le 15 février 2024.

L’inquiétude grandissait, samedi 17 février, pour les malades coincés dans l’hôpital Nasser à Khan Younès, dans la bande de Gaza, pris d’assaut par l’armée israélienne dont les bombardements incessants sur le territoire palestinien ont fait des dizaines de morts dans la nuit, selon le ministère de la santé de la bande de Gaza, administrée par le Hamas.

Six malades, dont un enfant, sont morts depuis vendredi à cause de coupures d’électricité qui ont provoqué l’arrêt de la distribution d’oxygène après l’assaut des troupes israéliennes contre l’hôpital Nasser, selon un nouveau bilan, samedi, du ministère.

« Les nouveau-nés risquent de mourir dans les prochaines heures », a ajouté le ministère, qui a fait état d’une centaine de personnes tuées dans la nuit par les bombardements israéliens dans la bande de Gaza. Selon lui, cinq médecins qui s’occupent de cent vingt patients se trouvent encore dans un bâtiment de l’hôpital Nasser sans électricité ni eau, ni nourriture, ni oxygène.

Des membres du personnel médical détenus

Les forces israéliennes « détiennent toujours de nombreux membres du personnel médical, des patients et des personnes déplacées dans le bâtiment de la maternité, et les soumettent à des interrogatoires dans des conditions inhumaines », a-t-il ajouté.

Vendredi soir, l’armée israélienne a annoncé sur son compte Telegram avoir découvert des obus de mortier, des grenades et d’autres armes appartenant au Hamas, et capturé « des dizaines » de suspects dans l’hôpital, dont « plus de vingt terroristes ayant participé au massacre du 7 octobre [2023] ».

L’armée israélienne a précisé, vendredi, que ses troupes avaient trouvé dans l’hôpital Nasser des médicaments avec les noms d’otages écrits dessus. Elle a par ailleurs dit avoir réparé le générateur de l’hôpital, qu’elle dément avoir visé, et en avoir installé un deuxième, de secours. Des médecins ont décrit une situation intenable dans cet hôpital, situé dans une ville transformée en champ de ruines et cerné par les combats, et où s’étaient réfugiés des milliers de déplacés.

Le Hamas menace de quitter les pourparlers de trêve

Des patients palestiniens à leur arrivée à Rafah après avoir été évacués de l’hôpital Nasser à Khan Younès en raison de l’opération terrestre israélienne, le 15 février 2024.

Médecins sans frontières (MSF) a annoncé que ses employés avaient « dû fuir, laissant les malades derrière eux ». « La situation était chaotique, catastrophique », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Christopher Lockyear, secrétaire général de MSF. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hôpital Nasser, l’un des onze qui restent ouverts sur les trente-six que comptait la bande de Gaza avant la guerre, est désormais « à peine fonctionnel ». « Plus de dégradations à l’hôpital, c’est plus de vies perdues », a déclaré le porte-parole de l’OMS Tarik Jasarevic, lors d’un point presse vendredi à Genève, en exigeant l’accès urgent de l’OMS au complexe hospitalier.

Pendant ce temps, la communauté internationale multiplie ses appels pour dissuader Israël de lancer une offensive dans la ville surpeuplée de Rafah, où sont piégés près d’un million et demi de civils contre la frontière fermée avec l’Egypte. L’Union européenne s’est déclarée vendredi « très préoccupée » par cette perspective, et a exhorté Israël à « ne pas entreprendre d’action militaire à Rafah qui aggraverait une situation humanitaire déjà catastrophique ».

Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés Dans les hôpitaux de la bande de Gaza : « On ne cherche plus à réparer. On coupe… »

Le Hamas a menacé samedi soir de quitter les pourparlers de trêve si une aide supplémentaire n’était pas rapidement acheminée dans la bande de Gaza, y compris dans le nord du territoire menacé de famine. « Les négociations ne peuvent pas avoir lieu tant que la faim ronge le peuple palestinien. Le mouvement a l’intention de suspendre les négociations jusqu’à ce que l’aide soit apportée au nord de Gaza », a affirmé un « dirigeant » du Hamas dans un communiqué diffusé par Al-Aqsa, la chaîne du mouvement.

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Interrogé par l’AFP, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien requérant l’anonymat a confirmé « que les médiateurs égyptiens et qataris avaient été informés de l’intention du Hamas de suspendre les négociations jusqu’à ce que l’aide soit apportée dans la bande de Gaza, incluant le Nord ». Le premier ministre du Qatar a confirmé samedi que les « négociations [n’étaient] pas très prometteuses ».

Le Monde avec AFP

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