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Grève à la SNCF : LR veut « encadrer » le droit de grève, le RN « ne reproche pas » les revendications salariales mais la forme

A quelques heures du début d’une grève des contrôleurs SNCF qui va fortement affecter le trafic en ce week-end de vacances d’hiver, les chefs de file des Républicains (LR) ont réclamé, jeudi 15 février, une réforme pour « encadrer » le droit de grève, tandis que ceux du Rassemblement national (RN) ont défendu « la question salariale » à l’origine du conflit social, tout en regrettant le mode d’action.

« Il faut dire stop à ceux qui prennent les Français en otages », a déclaré le président de LR, Eric Ciotti, sur TF1, dénonçant la « surenchère permanente » des syndicats de la SNCF qui, selon lui, « détruisent leur entreprise ». Affirmant qu’il « n’y a pas eu une année sans grève depuis 1947 » dans l’entreprise publique, il a annoncé son intention de « poser des textes législatifs pour encadrer » le droit de grève dans les transports.

Objectif partagé par le président du Sénat Gérard Larcher, qui a lui aussi déploré sur BFM-TV-RMC que les usagers soient « une fois encore pris en otages d’une négociation sociale ». « La grève doit être l’arme ultime », mais elle est « devenue un instrument de la négociation », a-t-il ajouté, souhaitant à son tour « prendre des dispositifs qui fassent que cet usage de la grève ne soit pas une prise d’otages ».

Il entend pour cela s’appuyer sur une proposition de loi des sénateurs centristes – alliés de la droite, majoritaire au Sénat –, qui prévoit d’instaurer jusqu’à soixante jours « pendant lesquels il ne pourrait pas y avoir de préavis de grève », comme l’a expliqué sur RMC leur chef de groupe Hervé Marseille, pour qui « le droit de grève n’est pas menacé, mais simplement trop utilisé » en France.

Le RN appuie les revendications, malgré « la forme »

A l’extrême droite, en revanche, le RN qui tente de capitaliser sur la question sociale et l’enjeu du pouvoir d’achat, dont il a fait son cheval de bataille, se tient sur une ligne de crête. Le vice-président du parti, Sébastien Chenu, s’est ainsi dit sur Franceinfo « pas favorable à ce qu’on interdise le droit de grève dans notre pays », arguant : « Je ne reprocherai jamais à des gens qui se lèvent tôt d’essayer de défendre leur pouvoir d’achat. » Même si « sur la forme (…) c’est compliqué de comprendre que c’est le moment pour se faire entendre » en pleines vacances scolaires, a-t-il ajouté.

Son collègue député Jean-Philippe Tanguy a également souligné sur France Inter que « cette grève met au cœur de l’actualité la question des salaires », tout en regrettant le « mode d’action contre-productif » choisi par les syndicats, qui « donnent des arguments au gouvernement pour s’opposer à leurs revendications ». Il a ajouté « regrette[r] qu’un certain nombre de syndicats choisissent toujours le conflit direct et pénalisent les usagers ».

Interrogé, lors d’un déplacement mercredi matin, au sujet de la grève à venir, le premier ministre, Gabriel Attal, a estimé que, si « la grève est un droit », « travailler est un devoir ». Il a déploré « une forme d’habitude, [toutes les fois que des vacances] arrivent, d’avoir l’annonce d’un mouvement de grève » des cheminots, ajoutant que « c’est aussi l’image de la SNCF qui, à chaque fois, en prend un coup ».

Mercredi, la SNCF a précisé qu’il y aurait « un TGV InOui sur deux, un Ouigo sur deux et un Intercités sur deux » qui circuleraient de vendredi à dimanche, mercredi après-midi lors d’un point presse, la grève débutant toutefois dès jeudi soir. Selon la CGT et SUD-Rail, qui soutiennent le mouvement social d’abord lancé sur Facebook par le Collectif national des agents du service commercial train (CNA), plus de 70 % des contrôleurs auraient déposé un préavis de grève.

Malgré les concessions salariales faites par l’entreprise ces dernières semaines pour tenter d’éviter la grève, ces derniers réclament une meilleure reconnaissance de leur métier et de ses contraintes, notamment par l’ouverture d’une négociation sur l’aménagement des fins de carrière.

Le Monde avec AFP

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