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Tesla et le véhicule électrique, un désamour américain

Une voiture Tesla, lors d’un showroom, à New York, le 24 janvier 2024.

Ils étaient surnommés « Les sept mercenaires », « The Magnificent Seven », mais ils ne sont plus que six. Tesla, la firme d’Elon Musk, a été boutée hors de ce club informel inventé par Wall Street, qui intègre les entreprises high-tech les plus performantes des Etats-Unis (Microsoft, Apple, Nvidia, Amazon, Alphabet, Meta).

Et pour cause : Tesla est devenu un boulet parmi ces géants, qui pèsent environ 30 % de l’indice S&P 500 : l’action a perdu plus du quart de sa valeur depuis le début de l’année, et la firme ne vaut plus que 600 milliards de dollars (557 milliards d’euros). C’est encore deux fois plus que Toyota, cinquante fois plus que Renault, mais c’est bien moins que les 1 300 milliards dépassés à l’automne 2021.

Entre-temps, un monde s’est effondré. Certes, la dérive toujours plus droitière d’Elon Musk et de ses déboires avec le réseau social X pose question. Mais le vrai sujet n’est pas là : Tesla n’est plus tout à fait l’entreprise futuriste qu’elle était, centrée sur l’intelligence artificielle et la robotique, comme l’assure Elon Musk.

Prix cassés

Son patron comptait sauver la planète du réchauffement climatique mais, aujourd’hui, il se concentre sur la lutte contre les critères dits « DEI » (diversité, équité, inclusion), qui font de la place aux minorités et aux femmes dans les entreprises. Il annonçait sans cesse la voiture sans chauffeur, mais, en dépit de progrès, elle n’est pas encore là. Il veut devenir un champion de l’intelligence artificielle, mais il envisage de développer ses projets hors de Tesla et exige préalablement d’avoir 25 % des droits de vote du constructeur, alors qu’une juge du Delaware vient d’annuler sa rémunération de 56 milliards de dollars.

Pour l’heure, l’entreprise est devenue une « simple » firme automobile, qui casse les prix pour défendre ses parts de marché, ce qui a fait passer sa marge opérationnelle de 16,8 % à 9,2 % du chiffre d’affaires en 2023. Cette stratégie lui permet d’écraser le marché intérieur de l’électrique avec 650 000 véhicules vendus sur 812 000 l’an passé – loin devant Ford (61 600 unités, soit 3,8 % de la production) et GM (39 000) –, mais cela ne l’a pas empêchée de perdre son titre de numéro un mondial, dépassée fin 2023 par le chinois BYD. La firme d’Austin, au Texas, ne propose en fait que deux modèles (Y et 3) vieillissants : son Cybertruck, véhicule futuriste, se vend à peu d’exemplaires.

Si les progressistes californiens sont ravis de posséder un véhicule électrique, ce n’est pas le cas des habitants du Midwest, qui préfèrent leur bon vieux moteur thermique. Tout simplement parce que dès qu’arrivent les grands froids, la capacité des batteries électriques se bride, et les véhiculent perdent toute fiabilité. Les trucks électriques se vendent particulièrement mal dans les campagnes, étant jugés peu performants pour tirer de lourdes charges ou traverser campagnes et forêts.

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