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A Marseille, les élus se disputent la refondation du Rassemblement pour la République

Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à Crespin (Nord), le 23 novembre 2023.

C’est une question d’héritage politique, revendiqué par les uns, défendu par les autres. Une petite bataille d’appellations autour du sigle de ce qui fut l’un des grands partis de la droite française de 1976 à 2002 : RPR : le Rassemblement pour la République. C’est le député (Rassemblement national, RN) des Bouches-du-Rhône et conseiller politique de Marine Le Pen, Franck Allisio qui, fleurant le bon coup symbolique, a tiré le premier.

En juin 2023, il annonce la refondation du RPR, sigle cette fois de Rassemblement pour reconstruire, en compagnie du maire (divers droite) de Marignane, Eric Le Dissès, ancien membre du parti chiraquien passé par l’UMP et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Pas un parti, mais « le rassemblement de ceux qui veulent reconstruire la France et tourner la page du macronisme », explicite le parlementaire RN, qui compte y aspirer élus et militants qui partagent les idées de la droite extrême.

« Nous reprenons la vieille maison familiale laissée à l’abandon par nos frères aînés passés dans le camp du président de la République », insiste celui qui a aussi créé des sections de son mouvement dans l’Aude et l’Aisne. Le 8 février, c’est dans le Vaucluse que Franck Allisio, lui-même ex-président national des jeunes actifs de l’UMP, a annoncé une quatrième implantation. Cette dernière a été confiée à un élu Les Républicains (LR) de Carpentras, Marc Jaume – un proche de l’ancien député (LR) Julien Aubert.

Est-ce cette seconde pierre posée en Provence-Alpes-Côte d’Azur qui a provoqué la réaction de Renaud Muselier, président du conseil régional ? Ou le fait que le RPR façon Allisio utilise avec gourmandise la croix de Lorraine sur ses affiches, symbole que le petit-fils de l’amiral Muselier considère comme un don familial à la grandeur de la France ? Ancien « bébé Chirac », secrétaire d’Etat aux affaires étrangères dans les gouvernements Raffarin de 2002 à 2005, patron du RPR dans les Bouches-du-Rhône pendant de nombreuses années, le désormais responsable régional de Renaissance a annoncé, par un manifeste transmis au Figaro le 14 février, la transformation de son micro-parti régional, Cap sur l’avenir, en RPR. Sigle cette fois de Rassemblement pour la région.

« Un geste défensif »

Parmi les quatre-vingts signataires de ce manifeste, on retrouve d’autres anciens de LR passés dans le camp présidentiel : le maire de Nice, Christian Estrosi, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, ou le député (Renaissance) marseillais Lionel Royer-Perreaut. « Nous sommes entièrement déterminés à défendre le sens remarquable de ce sigle ancré dans l’histoire de notre pays : le RPR, mouvement populaire proche des réalités du terrain, authentique et chaleureux et qui ne faisait aucune concession à l’extrême droite », assure Renaud Muselier qui promet des candidats étiquetés RPR Sud aux prochaines élections locales.

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