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Crise agricole : après le « choc de simplification » promis pour « libérer » les agriculteurs, le temps des revendications dans les préfectures

Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne, Marc Fesneau, ministre de l’agriculture, et le premier ministre, Gabriel Attal, face à Jérôme Bayle, éleveur bovin, sur le blocage de l’autoroute A64, au niveau de Carbonne (Haute-Garonne), le 26 janvier 2024.

Jusqu’ici, les agriculteurs y déversaient surtout du fumier en même temps que leur colère. Depuis quinze jours, c’est sans leurs tracteurs et avec des piles de revendications sous le bras qu’ils défilent dans les préfectures. Le 26 janvier, en pleine crise agricole et au milieu des bottes de foin d’une exploitation de Haute-Garonne, Gabriel Attal annonce un « choc de simplification » pour « libérer » les exploitants de contraintes administratives et de normes, en particulier environnementales, jugées trop lourdes et trop nombreuses. Le premier ministre donne aux préfets jusqu’au Salon de l’agriculture (24 février-3 mars) pour orchestrer ce « choc ». Un mois pour mener au pas de charge, dans tous les départements, des « temps » destinés à « faire remonter, avec nos agriculteurs, tout ce qui peut et doit être simplifié ».

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Vraiment tout. Dans la Manche, les agriculteurs demandent un assouplissement de la réglementation sur les haies pour pouvoir en arracher davantage – 20 kilomètres ont été concernés en 2023 – afin d’étendre leurs exploitations. En Haute-Garonne, ils ont obtenu un délai supplémentaire pour mettre fin aux épandages de fertilisants (à l’origine d’émissions d’ammoniac qui se transforment en particules fines) lors des pics de pollution. Dans le Var, le préfet va modifier l’arrêté « sangliers » : pour prévenir leurs dégâts, « désormais, en préalable à chaque opération de tir, le détenteur de l’ordre de chasse préviendra uniquement le louvetier du secteur par SMS » et non plus l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, ainsi que la gendarmerie. Au total, environ 900 « propositions » ont déjà été inventoriées et une soixantaine d’arrêtés préfectoraux modifiés ou abrogés, selon l’exécutif.

Dans l’Oise, trois réunions se sont tenues. « On nous écoute, mais on ne nous promet rien, même si on sent une volonté de faire avancer les choses dans le bon sens », résume Linda Monnier, la patronne de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Une dernière réunion est prévue mardi 20 février. « Et là, on attend des réponses », tonne la dirigeante syndicale.

« Ils tombent de leurs chaises »

D’autres participants du département dépeignent des préfets qui semblent découvrir la complexité de leurs métiers. « Quand on raconte notre quotidien, on a l’impression qu’ils tombent de leurs chaises », témoigne Marie Ortegat, maraîchère en agriculture biologique et adhérente à la Confédération paysanne. « Les préfets sont parfois si étonnés de ce qu’on leur dit qu’ils se retournent vers les représentants de leurs directions départementales territoriales qui acquiescent : “Oui, c’est possible” », ajoute Sophie Lenaerts, éleveuse de vaches laitières et membre de la Coordination rurale.

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