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Emmanuel Macron affirme n’avoir « jamais considéré que le Rassemblement national s’inscrivait dans l’arc républicain »

Le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 16 février 2024.

Le président de la République, Emmanuel Macron, affirme dans un entretien à l’Humanité, mis en ligne dimanche 18 février, n’avoir jamais considéré que le Rassemblement national (RN) « [s’inscrivait] dans l’arc républicain ». Des propos qui contrastent avec ceux de son premier ministre, Gabriel Attal, qui estimait que « l’arc républicain, c’est l’Hémicycle », arguant que derrière les partis il y a « des millions de Français qui ont voté ».

« L’Assemblée nationale accueille toutes les forces élues par le peuple », reconnaît Emmanuel Macron. « Est-ce que toutes adhèrent à la République et ses valeurs ? Non. C’est aussi vrai pour des groupes d’extrême gauche », précise le chef de l’Etat, visant « certaines personnalités de la France insoumise » qui, « par leurs positions », « combattent les valeurs de la République ». « Même si je ne pose pas d’équivalence entre les deux extrêmes. Je n’ai jamais considéré que le RN ou Reconquête s’inscrivaient dans l’“arc républicain” », ajoute-t-il.

Toutefois, « le RN est à l’Assemblée (…) ; on ne peut pas en faire abstraction. En revanche, j’ai toujours considéré, comme avec la loi “immigration”, que les textes importants ne devaient pas passer grâce à leurs voix. Ce distinguo suffit à dire où j’habite », estime le chef de l’Etat. Le président de la République reconnaît qu’il n’a pas « tout réussi », mais que « tous » portent « des responsabilités » dans la montée de l’extrême droite.

Le RN « n’est plus ouvertement antisémite et négationniste »

Alors que les résistants communistes Missak et Mélinée Manouchian doivent entrer au Panthéon mercredi, l’Humanité rappelle que Marine Le Pen a reçu une invitation à la cérémonie en sa qualité de présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale.

« Les forces d’extrême droite seraient inspirées de ne pas être présentes, compte tenu de la nature du combat de Manouchian », répond Emmanuel Macron, bien que, selon lui, le RN « n’est plus ouvertement antisémite et négationniste », comme l’était « résolument » le Front national.

« Comme pour l’hommage à Robert Badinter, dont les élus du RN étaient absents », à la demande de la famille de l’ancien garde des sceaux, « l’esprit de décence, le rapport à l’histoire devraient les conduire à faire un choix », fait valoir M. Macron. « Mais je ne vais pas, moi, par un geste arbitraire, en décider », ajoute-t-il, estimant que son « devoir est d’inviter tous les représentants élus par le peuple français » sans avoir à « faire le tri entre eux ».

Interrogé sur les chances de Marine Le Pen d’accéder au pouvoir en 2027, M. Macron, qui ne pourra pas se présenter de nouveau, assure ne pas avoir « l’esprit de défaite ». « Le sentiment de perte de contrôle alimente le RN. Beaucoup de ses électeurs considèrent l’Europe comme un monde trop ouvert, trop compliqué. Donc la formule magique serait le retour au nationalisme », constate le chef de l’Etat.

« La désindustrialisation comme le sentiment de déclassement ont nourri l’extrême droite. Nous avons commencé à y répondre avec la baisse du chômage et le début de la réindustrialisation. C’est un long processus », plaide-t-il.

Le Monde

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