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Le mur de la dette publique que les Américains ne veulent pas voir

Au siège de la Fed, à Washington, en février 2018.

Quand Wall Street va, tout va. A l’automne 2023, les Américains étaient pris de panique : les taux d’intérêt décollaient au-delà de 5 % pour la première fois depuis 2007 tandis que le déficit public était hors de contrôle, montant à 1 695 milliards de dollars (1 573 milliards d’euros), soit 6,3 % du produit intérieur brut (PIB), pour l’exercice clos le 30 septembre 2023. Au point qu’Olivier Blanchard, néokeynésien et ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), alertait sur une possible « explosion » de la dette.

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Puis les taux d’intérêt se sont peu à peu détendus grâce au reflux de l’inflation, retombant autour de 4,1 %. Et la Bourse s’est envolée : l’indice S&P 500, qui représente les grandes entreprises, a gagné 20 % depuis le creux d’octobre 2023. Depuis, le coût de la dette baisse à nouveau, les rentrées fiscales repartent à la hausse grâce aux plus-values boursières. Résultat : le déficit devrait retomber à 1 600 milliards de dollars pour l’exercice clos le 30 septembre 2024, selon les dernières prévisions du Congrès.

Pourtant, « ce n’est pas tenable, a rappelé Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, sur CBS, le 3 février. Nous savons que nous devons revenir sur une voie budgétaire durable. Vous commencez maintenant à entendre des gens parmi les élus [des deux partis, démocrate comme républicain] qui peuvent faire en sorte que cela se produise. Il est temps que nous revenions nous concentrer sur ce sujet ».

Le propos n’est pas exact. Les deux candidats à l’élection présidentielle, Donald Trump et Joe Biden, ont creusé le déficit, par des baisses d’impôts pour le premier, et par des dépenses sociales pour le second. Après avoir expliqué qu’il était le président des Etats-Unis ayant le plus réduit le déficit budgétaire, Joe Biden l’a fait doubler entre 2022 et 2023, tandis que la dette atteint 34 150 milliards de dollars. Le candidat Donald Trump, lui, ne parle pas de réduire le déficit.

Réduire les dépenses liées à la santé

Selon les projections du FMI, la dette publique s’élevait à 120 % du PIB en 2022, et devrait monter à 135 % du PIB en 2025, un record, en raison notamment de l’envolée des intérêts d’emprunts. Comme l’explique Adam Posen, président du Peterson Institute, il existe des leviers assez simples, pour réduire la dépense publique. Freiner les dépenses de retraite, d’abord, en déplafonnant les cotisations et en repoussant un peu l’âge de départ. Réduire celles consacrées à la santé ensuite, deux fois supérieures à celles de la moyenne des pays développés, et pour moitié financée par le secteur public. A l’heure des tensions géopolitiques internationales et du risque croissant d’un conflit avec la Chine autour de Taïwan, réduire les immenses dépenses militaires paraît en revanche improbable.

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