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Xavier Bertrand s’attaque au RN et à Laurent Wauquiez pour se lancer vers l’élection présidentielle

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, et une boulangère à Blendecques, après les inondations qui ont touché le département du Pas-de-Calais, le 8 février 2024.

Xavier Bertrand n’a pas les talents de danseur de Gene Kelly. Le président de la région Hauts-de-France, interrogé le 3 février par Ouest-France au sujet de ses ambitions pour la prochaine élection présidentielle, n’avait pas envie de « faire un numéro de claquettes ». « J’ai bien l’intention d’être candidat en 2027 », a confirmé au quotidien régional le candidat malheureux aux primaires de la droite de décembre 2021.

Chez Les Républicains (LR), cette déclaration d’intention ne surprend personne, et passe pour un non-événement dans l’entourage d’Eric Ciotti. Officiellement, le président du parti garde toujours la place au chaud pour Laurent Wauquiez, son « candidat naturel » à qui il doit épargner une primaire (ouverte ou fermée), perçue comme maudite depuis les échecs de François Fillon et Valérie Pécresse, en 2017 et 2022.

Les proches de Xavier Bertrand lisent les sondages pour la présidentielle, pointent la situation d’un Laurent Wauquiez toujours englué autour des 5 % et en tirent une autre conclusion : Eric Ciotti voit les mêmes chiffres qu’eux et n’est pas pressé d’arrêter le choix du candidat. « Personne n’a tué le match », répète d’ailleurs David Lisnard, autre prétendant LR pour 2027. Soutien du maire de Cannes, Alexandra Martin voit d’un bon œil la sortie de Xavier Bertrand. « C’est bien de voir d’autres candidats demander un mode de désignation démocratique, estime la députée LR des Alpes-Maritimes. C’est plutôt sain d’avoir de l’émulation dans un parti. »

Comme David Lisnard avec Nouvelle Energie, Xavier Bertrand construit surtout sa future candidature depuis son mouvement, Nous France, lancé à l’automne 2022 et qui affirme être présent aujourd’hui dans plus de soixante-dix départements. L’intéressé assume un rôle d’électron libre au sein de LR. Surtout vis-à-vis du fameux « candidat naturel » qu’est Laurent Wauquiez.

Il exprime ainsi son « profond désaccord » avec le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes quand ce dernier accuse le Conseil constitutionnel d’un « coup d’Etat de droit » après la censure, fin janvier, d’une partie de la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre 2023. « Xavier Bertrand a reçu beaucoup de messages après sa sortie contre les propos de Wauquiez, note Bernard Deflesselles, secrétaire général de Nous France. Il assume qu’on ne doit pas attaquer les institutions quand on est un parti de gouvernement. »

Entre les deux hommes, la haine est recuite. Quand Xavier Bertrand accuse, déjà en 2017, « certains » chez LR de « courir derrière l’extrême droite », l’attaque vise Laurent Wauquiez. Aujourd’hui, un proche de M. Bertrand n’hésite pas à ranger le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans un « bloc trumpiste » amené à être dominé par Marine Le Pen et le Rassemblement national (RN). Le message, derrière, est simple. La droitisation de LR, favorisée par le duo Ciotti-Wauquiez, mène le parti dans le mur. « Xavier Bertrand dit que la droite existe dans ce pays, mais une droite responsable, gaulliste et qui n’a rien à faire avec l’extrême droite. Notre positionnement est très clair », expose Bernard Deflesselles, également chargé du maillage territorial de Nous France.

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