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L’Institut La Boétie, au service des idées et de La France insoumise

Jean-Luc Mélenchon, lors de l’inauguration officielle de l’Institut La Boétie, à Paris, le 5 février 2023.

Olivier Blanchard, ancien chef économiste au Fonds monétaire international, n’est « guère impressionné » par le programme économique de Jean-Luc Mélenchon. Cela ne l’a pas empêché de débattre d’inflation au sein de son think tank, l’Institut La Boétie, le 13 janvier, dans une ambiance d’extrême cordialité. Aurélie Trouvé, députée La France insoumise (LFI) et cheffe du département d’économie, rit de leurs désaccords – il trouve le titre du débat, « A qui profite l’inflation ? », « racoleur » et « simpliste ».

Elle retient surtout les points d’accord. L’économiste juge plutôt bonne l’idée d’une taxe sur les superprofits, notamment pour les sociétés énergétiques ayant profité de la hausse des prix de l’énergie. Plus encore, sollicité par Le Monde, il estime LFI « proche d’avoir une approche économique cohérente du point de vue interne », sans la partager. Les cadres « insoumis », qui se défendent d’habitude des compliments de la bonne société, ne boudent pas leur plaisir.

Aurélie Trouvé se félicite qu’Olivier Blanchard, néokeynésien, tombe parfois d’accord avec les économistes marxistes et postkeynésiens qui nourrissent le gros de la réflexion économique à LFI. Réussir à inviter des experts – économistes, géographes, sociologues – reconnus internationalement, même en désaccord avec les thèses défendues par les « insoumis », est une victoire culturelle pour La France insoumise.

Un mouvement inverse à celui de sa diabolisation dans le champ politique. A gauche, tout le monde convient de la bonne tenue des conférences du think tank. Au point de rendre jaloux certains socialistes, qui peinent à attirer autant dans les murs du parti à la rose, et souffrent surtout, faute de bons scores électoraux à la présidentielle, de financements bien inférieurs à ceux patiemment thésaurisés par LFI. La manne parlementaire du parti est désormais partiellement dirigée vers cette rutilante vitrine intellectuelle, qui profite aussi de l’expérience organisationnelle tirée des campagnes présidentielles.

Un espace de liberté hors parti

L’Institut La Boétie fournit au plus illustre « préretraité » de la vie politique française et son coprésident, Jean-Luc Mélenchon, de nombreuses occasions de discourir sur ses thèmes favoris – de la géopolitique à la sociologie électorale. Quand il porte sa flatteuse casquette intellectuelle, le triple candidat à la présidentielle délaisse les invectives dont il gratifie ses anciens partenaires de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Dans ce cadre, il supporte mieux la contradiction, même si ses interventions se cantonnent souvent à des introductions ou à des conclusions.

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