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« Pour que l’Etat cesse d’agir en surplomb, il doit donner plus d’attention aux initiatives citoyennes en faveur de la transition écologique »

Face à l’ampleur de la crise environnementale, de plus en plus d’acteurs d’ordinaire rétifs à la centralisation des pouvoirs reconnaissent aujourd’hui la nécessité d’un fort interventionnisme étatique. L’idée de planification est sur le devant de la scène. Ce changement s’inscrit dans le prolongement d’une décision de justice qui a condamné l’Etat français pour manquement à ses obligations en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Mais, si une action publique forte est nécessaire, on peut malgré tout douter qu’elle soit suffisante pour assurer une transition effective et sereine. Les « gilets jaunes » ont été emblématiques à cet égard. On l’a vu récemment encore avec la « révolte » du monde agricole.

Des capacités sous-estimées

L’action publique fait face à des oppositions qui s’exacerbent dès que l’Etat essaie de passer à la vitesse supérieure, surtout en l’absence d’un accompagnement significatif des populations les moins favorisées. Beaucoup d’individus s’opposent aux appels à changer leurs habitudes, estimant qu’ils n’en ont pas les moyens et/ou qu’il y a bien d’autres contributeurs à l’effet de serre à réguler avant eux. Ils vivent alors leur refus comme une manière de s’affirmer contre des décisions perçues comme venues d’en haut et déconnectées de leurs problématiques quotidiennes.

Comment sortir de ce blocage ?

Comme l’ont montré les résultats des travaux de la convention citoyenne pour le climat (finalement peu repris sur le plan législatif), les citoyens ordinaires témoignent de capacités importantes, et sous-estimées, à impulser des idées nouvelles susceptibles d’améliorer la vie de tous. De fait, de multiples initiatives citoyennes en faveur de la transition écologique se développent, à bas bruit, sur le territoire.

Pour que l’Etat cesse d’agir en surplomb, loin du terrain, une piste intéressante serait qu’il donne plus d’attention et de soutien à ces mobilisations, en veillant à les faire largement connaître et, le cas échéant, en les aidant à prendre de l’ampleur.

Face aux crises qui secouent le monde agricole, le collectif Terre de liens, par exemple, joue un rôle remarquable. En achetant des terres et en les mettant à la disposition de jeunes qui souhaitent s’installer, il lutte contre la spéculation foncière, facilite le changement de génération et de pratiques agricoles et favorise ainsi une agriculture plus durable. Il crée aussi se faisant du lien social car plusieurs milliers d’adhérents sont aujourd’hui engagés dans ce mouvement, contribuant collectivement à faire évoluer leurs territoires.

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