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A l’Assemblée, la majorité présidentielle traversée par des fractures internes

L’ancien ministre Olivier Véran en discussion avec l’ancienne première ministre Elisabeth Borne, lors d’une séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 13 février 2024.

« Moi, je trouve que beaucoup de gens sont perdus en vrai, et ça ne rend pas heureux les gens », philosophait le président de la République Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse le 16 janvier. Un mois plus tard, ces mots pourraient décrire avec une certaine acuité la situation dans laquelle se trouve la majorité relative du chef de l’Etat, en proie au doute comme rarement auparavant. Certains signes ne trompent pas. Mercredi 14 février, deux députés Renaissance, Pierre Henriet (Vendée) et Bertrand Bouyx (Calvados), ont claqué la porte de leur groupe, à la stupéfaction de leur président, Sylvain Maillard (Paris), mis devant le fait accompli.

Pour autant, les deux députés ne sont pas allés bien loin puisqu’ils ont rejoint le groupe Horizons, l’une des trois entités de la majorité relative, sous la coupe de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. D’ailleurs, les transfuges invoquent des considérations avant tout « locales » pour expliquer ce ralliement alors que la présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais – proche de Pierre Henriet –, a rejoint Edouard Philippe quelques jours avant.

Cette péripétie parlementaire révélée par Le Figaro aurait pu en rester là. Mais depuis, Sylvain Maillard, le président du groupe Renaissance, a décidé d’interrompre ses échanges avec son homologue d’Horizons, Laurent Marcangeli. Le premier a même suspendu sa participation aux réunions hebdomadaires des présidents des groupes du camp présidentiel jusqu’à nouvel ordre. M. Maillard exige que les deux députés dissidents rendent leurs bureaux et renoncent à leurs fonctions extraparlementaires obtenues avec l’étiquette Renaissance de président de la délégation française à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, pour M. Bouyx, et vice-président de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, pour M. Henriet.

Or, ces derniers ont refusé de se plier à ses conditions. En signe de représailles, des collaborateurs du groupe Renaissance se sont même introduits dans le bureau de M. Henriet en son absence. « Nous sommes malmenés, nous, le groupe Horizons et nos deux nouveaux collègues, depuis plusieurs jours », s’agace M. Marcangeli, avant de « constater qu’il est moins grave pour certains de manquer de foutre en l’air le gouvernement en votant contre la loi “immigration” que de passer de Renaissance à Horizons, alors que ça n’enlève pas une voix à la majorité ». Pour une partie des députés Renaissance, l’intransigeance de M. Maillard est perçue comme une « sur-réaction », bien qu’il ait obtenu l’aval du bureau du groupe pour mener le bras de fer avec Horizons. Mais d’autres s’interrogent : ne serait-ce pas le signe de trop qui viendrait accréditer la perte d’attractivité de Renaissance ?

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