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Jusqu'à quatre ans de prison pour les accusés au procès des attentats de Trèbes et Carcassonne

À la clôture du procès des attentats de Trèbes et Carcassonne, la cour d’assises spéciale de Paris a prononcé vendredi contre les accusés des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme. Bien inférieures à celles réclamées par l’accusation.

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3 mn

À l’issue du procès des attentats de Trèbes et Carcassonne, vendredi 23 février, la cour d’assises spéciale de Paris s’est montrée plus clémente que les réquisitions de l’accusation. Contre les sept accusés – une femme et six hommes âgés de 24 à 35 ans – jugés depuis fin janvier, la cour a prononcé des peines allant de six mois jusqu’à quatre ans de prison ferme.

Quatre des cinq accusés jugés pour association de malfaiteurs terroriste ont été acquittés pour cette infraction. Seule Marine Pequignot, la petite amie radicalisée de l’assaillant, a été reconnue coupable de cette infraction, mais ne retournera pas en prison.

L’attaque terroriste avait fait quatre morts en 2018. L’assaillant, Radouane Lakdim avait été tué lors de l’assaut du GIGN dans un supermarché de Trèbes (Aude) où il s’était retranché. En prenant la place d’une otage, le gendarme Arnaud Beltrame avait perdu la vie et reçu un hommage national. 

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« L’infraction de l’association de malfaiteurs terroriste implique quand même des actes matériels au soutien à tout le moins d’un projet terroriste. S’il n’y a pas d’acte matériel, même en cas de complaisance, on ne peut pas retenir l’association de malfaiteurs terroriste », a déclaré comme un rappel le président Laurent Raviot à la fin de son délibéré, bien en deçà de ce qu’avait demandé le Pnat.

Les magistrats ont notamment décidé que Samir Manaa, 28 ans, contre qui le Pnat avait requis la deuxième peine la plus lourde (10 ans) pour avoir accompagné Radouane Lakdim acheter le couteau qui blessera mortellement le gendarme Arnaud Beltrame pendant l’attentat revendiqué par l’Etat islamique, devait être acquitté de l’association de malfaiteurs terroriste. Il a uniquement été condamné pour un délit connexe sur de la détention d’armes (sans lien avec l’attentat) à trois ans d’emprisonnement.

« Beaucoup de gens dans cette affaire ont manifesté une grande complaisance à l’égard du terroriste », a aussi dit le président Raviot. « Et à défaut de responsabilité pénale, ils ont une responsabilité morale très importante. Je les laisse à leur conscience », a-t-il conclu sans donner plus de détails sur le raisonnement de la cour.

Une infraction « fourre-tout »

L’accusation était persuadée que Marine Pequignot était au courant de « quasiment » tout du projet d’attentat de son petit ami et qu’elle préparait de son côté un départ en Syrie. 

« J’ai reconstruit ma vie pendant quatre ans et j’aimerais que vous me laissiez la chance de pouvoir continuer », avait imploré vendredi matin dans ses derniers mots à la cour la jeune femme, qui a passé un peu plus de deux ans en détention provisoire et n’est plus radicalisée selon les services qui la suivent. 

La cour a aussi condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis l’ami qui n’avait pas dénoncé l’assaillant, à trois ans d’emprisonnement le beau-frère de Radouane Lakdim pour avoir nettoyé l’appartement de ce dernier pendant l’attentat, à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis celui qui avait discuté modalités du jihad avec l’assaillant sur internet, pour « provocation à un acte de terrorisme ».

La peine la plus lourde concerne finalement un accusé devenu secondaire au fil du procès, le chef du trafic de drogue de la cité, qui selon l’accusation faisait parfois dealer Radouane Lakdim en sachant qu’il était radicalisé. Il a été acquitté pour l’association de malfaiteurs terroriste, mais condamné pour des délits de détention d’armes (sans lien avec l’attentat), à quatre ans d’emprisonnement.

Ce dossier est « particulièrement emblématique des limites à poser » à « l’association de malfaiteurs terroriste », une infraction « fourre-tout » voir « poubelle », avait prévenu pendant les plaidoiries de la défense Me Emmanuelle Franck. « Elle est élastique et on tire dessus depuis des années. Pour l’instant elle n’a jamais cédé. »

Avec AFP.

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